accueil SociétéUn groupe musical breton s’insurge contre la récupération de son image par un parti politique

Un groupe musical breton s’insurge contre la récupération de son image par un parti politique

par Lionel Feuerstein
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Un vent de colère souffle sur la côte bretonne. Les musiciens du bagad Sonerien Bro Dreger, basé à Perros-Guirec dans les Côtes-d’Armor, ont exprimé leur vive indignation cette semaine. La raison de leur courroux ? La découverte de l’utilisation d’une photographie les représentant, sans leur autorisation, dans une campagne d’appel à l’adhésion du Rassemblement national.

L’image, publiée sur les réseaux sociaux du parti, était assortie d’un message invitant à préserver les traditions locales en rejoignant ses rangs. Une association que les membres du groupe de musique traditionnelle ont immédiatement et fermement rejetée.

Dans un communiqué sans équivoque, le comité d’administration du bagad a condamné cet emploi de leur effigie à des fins politiques. Il a exigé le retrait immédiat de toute communication utilisant leur image, sous peine de poursuites judiciaires. Pour les administrateurs, le simple fait que les visages des musiciens ne soient pas clairement discernables sur la photo ne constitue en rien une atténuation. Ils soulignent que le costume porté par la formation est en lui-même un marqueur identitaire fort et parfaitement reconnaissable, faisant de cette image la leur.

Face à ces accusations, le parti politique concerné s’est défendu en affirmant avoir acquis légalement la photographie auprès d’une banque d’images, insistant sur le fait qu’aucun individu n’y était identifiable. Un argument qui n’a pas convaincu les musiciens bretons.

L’incident a rapidement dépassé la simple question de l’utilisation d’une image. Le bagad en a profité pour réaffirmer ses valeurs, qu’il estime être aux antipodes de celles portées par le Rassemblement national. Il a notamment pointé du doigt les positions du parti, qu’il accuse de s’être systématiquement opposé au financement des associations culturelles bretonnes et à l’enseignement des langues régionales.

Cette affaire met en lumière les tensions récurrentes autour de la récupération politique des symboles culturels, et rappelle la sensibilité des questions identitaires en Bretagne. Elle illustre la détermination de certains acteurs culturels à défendre leur indépendance et à refuser toute instrumentalisation, quelles que soient les justifications avancées.

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