En 2025, plus de 4 500 adultes confrontés à des attirances sexuelles pour les enfants ont franchi le pas d’un appel à l’aide. Ce chiffre, révélé par les responsables du dispositif, illustre une prise de conscience croissante, mais aussi l’ampleur d’un phénomène souvent tapi dans l’ombre.
Le Service téléphonique d’orientation et de prévention (Stop) a ainsi reçu précisément 4 577 appels sur l’année écoulée, un volume qui a triplé en l’espace de cinq ans. Pour près de 450 d’entre eux, la conversation a dépassé les cinq minutes, signe d’une démarche engagée. Dans la majorité des cas (84%), il s’agissait d’un premier contact.
Les statistiques dressent un profil type : neuf appelants sur dix sont des hommes, avec un âge moyen de 37 ans. Près des deux tiers (64%) appellent pour eux-mêmes, directement concernés par des pulsions pédophiles. Les autres sollicitent des conseils pour un proche ou des informations générales.
L’objectif central de cette ligne gratuite est clair : agir en amont pour prévenir tout passage à l’acte. Il ne s’agit pas de juger, mais d’orienter, d’informer et, lorsque c’est nécessaire, de guider vers des parcours de soins spécialisés. Les autorités insistent sur le fait que toutes les personnes éprouvant ces attirances ne deviendront pas des agresseurs, mais qu’un risque existe bel et bien dans cette « zone grise ».
La ligne s’adresse également à l’entourage – famille, amis, éducateurs – qui pourrait percevoir des signaux inquiétants. L’idée est de fournir des outils pour réagir de manière appropriée et de briser la loi du silence. « Protéger les enfants commence aussi par accompagner ceux qui sont en lutte avec leurs propres démons », peut-on entendre dans les coulisses de l’institution.
Face à des chiffres en hausse constante, les experts y voient moins une explosion du phénomène qu’une libération de la parole, encouragée par des campagnes de communication répétées. Chaque appel représente une potentielle tragédie évitée, un signal faible capté avant qu’il ne soit trop tard. Le numéro, confidentiel, se veut un premier rempart dans la prévention d’un des crimes les plus absolus.