Le sort de deux ressortissants français bloqués en Iran pourrait être influencé par une affaire judiciaire s’ouvrant ce mardi à Paris. Une Iranienne de 39 ans, Mahdieh Esfandiari, comparaît devant le tribunal correctionnel pour des accusations liées à l’apologie du terrorisme en ligne.
Cette audience intervient dans un contexte diplomatique sensible. Les autorités iraniennes ont publiquement exprimé leur souhait d’échanger cette femme, arrêtée en France début 2025, contre Cécile Kohler et Jacques Paris. Ces deux Français, condamnés à de longues peines de prison en Iran en 2022 pour espionnage, ont été libérés de détention en novembre dernier mais se voient interdire de quitter le territoire. Ils résident actuellement au sein de l’ambassade de France à Téhéran, dans l’attente d’une résolution.
La défense de Mahdieh Esfandiari, elle-même libérée sous contrôle judiciaire à l’automne, affirme aborder son procès avec sérénité, tout en jugeant prématuré d’évoquer un quelconque échange tant que la justice n’a pas rendu son verdict. Les faits reprochés remontent à une période courant jusqu’à décembre 2024. L’enquête aurait établi son rôle central au sein d’une organisation dénommée « Axe de la Résistance », active sur plusieurs plateformes numériques.
Elle est notamment accusée d’avoir tenu des propos faisant l’éloge de l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, et d’avoir incité à des actes terroristes. Elle conteste fermement ces accusations. Cinq personnes au total sont jugées dans cette affaire, dont l’essayiste controversé Alain Soral, visé par un mandat.
Le parquet de Paris avait été saisi à la suite d’un signalement concernant des publications sur un compte Telegram, qui glorifiaient les violences et injuriaient la communauté juive. Des perquisitions au domicile de l’intéressée auraient permis la saisie d’ouvrages édités par le régime iranien et d’une somme d’argent liquide.
Alors que la tension reste vive en Iran après des mouvements de protestation réprimés dans la violence, les regards se tournent vers le tribunal parisien. Sa décision, attendue dans les jours suivant l’audience ou après plusieurs semaines de délibéré, pourrait avoir des répercussions bien au-delà du prétoire, sur la scène des relations internationales.