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Marseille intensifie la lutte contre la drogue en ciblant les consommateurs

par Lionel Feuerstein
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Le message des autorités est clair et il résonne ce mercredi dans les rues de Marseille : la lutte contre le trafic de stupéfiants passe désormais par une pression accrue sur ceux qui achètent les produits. Sous une présence policière renforcée, des contrôles systématiques ont été lancés aux abords des transports en commun et dans les artères commerçantes, marquant le début d’une nouvelle campagne répressive.

Cette stratégie, présentée comme un « nouveau volet » pour l’année en cours, vise explicitement à tarir la demande pour asphyxier l’offre. « Chaque achat, même ponctuel, alimente le circuit criminel. Sans clientèle, le commerce s’effondre », a déclaré la préfète déléguée, résumant la doctrine désormais appliquée. L’objectif affiché est de couper les vivres aux réseaux en s’attaquant à la base de leur économie.

Sur le terrain, l’opération se traduit par des vérifications d’identité et des palpations pour des centaines de passants. Les forces de l’ordre, déployées en nombre, sont habilitées à dresser des procès-verbaux et à infliger des amendes forfaitaires de 200 euros pour simple détention. Un jeune homme contrôlé à la sortie d’un tramway en a fait l’amère expérience, recevant une convocation pour un résidu de cannabis, une première qu’il vit comme une injustice ciblée.

L’initiative divise les riverains. Si certains commerçants saluent une présence rassurante et souhaitent même sa pérennisation, d’autres observateurs pointent du doigt un déploiement soudain et massif, qualifié d’hypocrisie par quelques voix critiques. Des interrogations émergent également sur l’accompagnement sanitaire des personnes dépendantes, alors que la visibilité des addictions, notamment au crack, ne cesse de croître dans l’espace public marseillais.

Cette vague de contrôles, annoncée comme la première d’une longue série mensuelle, doit s’étendre sur trois jours et concerner une vingtaine de communes. Elle s’inscrit dans la continuité d’un bilan répressif déjà lourd, avec plusieurs milliers d’amendes et de suspensions de permis enregistrées l’année précédente pour des faits liés aux stupéfiants. Les autorités entendent ainsi maintenir une pression constante, des transports aux abords des écoles, pour décourager la consommation et, à terme, démanteler les filières d’approvisionnement.

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