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L’affaire Meurice renvoyée devant un juge départiteur après l’impasse des prud’hommes

par Anaïs Hanquet
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L’issue judiciaire du licenciement de l’humoriste Guillaume Meurice par Radio France se fait encore attendre. Après une audience devant le conseil de prud’hommes qui n’a pas permis de dégager une majorité, le dossier sera finalement soumis à un magistrat professionnel dont la décision sera sans appel.

L’ancien chroniqueur de France Inter avait été licencié en juin 2024 à la suite de propos polémiques tenus à l’antenne, dans lesquels il faisait référence au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. La direction du groupe public avait invoqué une « faute grave » et un manquement au « devoir de loyauté », l’humoriste ayant réitéré une formule préalablement contestée.

De son côté, Guillaume Meurice conteste fermement la légalité de son renvoi et réclame une indemnisation substantielle à son ancien employeur. Il estime que son cas dépasse le simple cadre disciplinaire et touche à un principe fondamental : la liberté de création et d’expression des artistes, notamment dans l’exercice de la satire. Une condamnation, selon lui, créerait un précédent inquiétant où toute plaisanterie déplaisant à une hiérarchie pourrait justifier un licenciement.

Les débats, qui ont eu lieu début décembre, ont mis en lumière la complexité juridique et éthique de l’affaire. Les quatre conseillers prud’hommes, représentants paritaires des salariés et des employeurs, n’ont pu parvenir à un accord, nécessitant l’intervention d’un « juge départiteur ». Cette procédure allonge considérablement les délais, le verdict final n’étant pas attendu avant plusieurs mois, voire deux ans.

L’origine de la controverse remonte à l’automne 2023, lorsqu’une chronique de l’humoriste avait provoqué une vive polémique dans un contexte international déjà extrêmement tendu. Malgré un classement sans suite de la procédure pénale initialement ouverte, la réutilisation de la formule litigieuse quelques mois plus tard avait précipité la décision de licenciement, en dépit de vives protestations internes au sein de la rédaction.

L’affaire, au carrefour du droit du travail, de la liberté d’expression et des sensibilités politiques, continue de symboliser les tensions autour des limites de l’humour et du pouvoir des directions médiatiques. Tous les regards se tournent désormais vers le tribunal, qui devra trancher ce contentieux devenu emblématique.

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