accueil Faits diversUn procès historique après 39 ans : les parents de la « martyre de l’A10 » enfin devant la cour d’assises

Un procès historique après 39 ans : les parents de la « martyre de l’A10 » enfin devant la cour d’assises

par Sylvain Tronchet
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Près de quatre décennies après les faits, un procès emblématique s’annonce pour clore l’un des cold cases les plus anciens et médiatisés de France. Les parents d’une fillette de quatre ans, dont le corps mutilé avait été découvert en 1987 au bord de l’autoroute A10, seront jugés en novembre 2026 par la cour d’assises du Loir-et-Cher.

La mère, aujourd’hui âgée de 71 ans, devra répondre d’actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Son époux, 74 ans, est poursuivi pour complicité. L’audience, prévue du 9 au 27 novembre, marquera l’aboutissement d’une longue traque judiciaire ayant inspiré plusieurs documentaires.

L’affaire remonte au 11 août 1987, lorsque deux agents d’entretien découvrent la dépouille de l’enfant dans un fossé près de Suèvres, entre Orléans et Tours. Le corps portait des stigmates de violences extrêmes, incluant des brûlures attribuées à un fer à repasser et des traces de morsures humaines, selon les expertises médico-légales.

Face à l’absence d’identité, les gendarmes avaient lancé la plus vaste campagne d’appel à témoins jamais réalisée dans le pays. Le visage de la victime, surnommée « la martyre de l’A10 », fut diffusé dans des dizaines de milliers d’écoles et de mairies à travers plus de trente nations, sans succès immédiat. L’enquête, frappée par deux non-lieux en 1991 et 1997, semblait condamnée à rester sans solution.

La percée décisive intervient en 2018, par le biais d’une comparaison ADN. Un prélèvement effectué sur le frère de la victime dans une autre affaire permet une correspondance avec des traces génétiques retrouvées sur les vêtements et la couverture enveloppant le corps. Cette identification scientifique conduit à l’interpellation des parents présumés en juin de la même année.

Le chemin vers le procès fut ensuite ralenti par de multiples recours juridiques des parties. Durant leurs gardes à vue, les deux accusés s’étaient mutuellement rejeté la responsabilité des violences ayant causé la mort de la petite Inass, sans jamais reconnaître les faits qui leur sont imputés. Leur comparution, trente-neuf ans après le drame, constituera un moment judiciaire exceptionnel.

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