L’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, s’est exprimé publiquement ce vendredi, répondant aux récentes révélations concernant des allégations de violences au sein d’établissements scolaires catholiques du réseau lasallien. Il a fermement nié toute volonté de la part du diocèse d’étouffer ou de dissimuler les faits qui remontent à la surface.
Ces déclarations font suite à la parole libérée d’anciens élèves de plusieurs institutions rouennaises gérées par la Congrégation des Frères des Écoles Chrétiennes. Plusieurs témoignages, rendus publics ces derniers jours, évoquent des sévices physiques et sexuels, parfois qualifiés de viols, subis durant leur scolarité en internat dans les années 1970.
Face à cette vague de témoignages, la Congrégation a rappelé l’existence d’une cellule d’écoute mise en place depuis 2014. Selon un communiqué de son avocat, neuf saisines ont été enregistrées à ce jour. Parmi elles, cinq impliquaient des religieux aujourd’hui décédés. La procédure a déjà conduit à des accords de « justice restaurative » pour des faits prescrits, avec des indemnisations financières totalisant 130 000 euros.
Cependant, un ancien élève nommé Pierre conteste le fonctionnement de ce dispositif. Ayant témoigné en mai dernier auprès de la cellule diocésaine sur les abus qu’il dit avoir subis de la part de membres du personnel, religieux et laïcs, il affirme n’avoir reçu aucun suivi après avoir consigné son récit par écrit. Des allégations que Monseigneur Lebrun rejette catégoriquement, assurant qu’un retour est systématiquement donné.
L’archevêque, qui se dit personnellement touché en tant qu’ancien élève de l’un des établissements concernés, a exprimé sa « stupeur » et sa « honte ». Il a lancé un appel aux potentielles victimes qui n’auraient pas encore parlé, les encourageant à se manifester avec la promesse d’un accueil bienveillant.
L’affaire, qui secoue le réseau éducatif lasallien en Normandie, met en lumière le difficile travail de mémoire et de réparation face à des allégations anciennes, souvent confrontées à la prescription et au décès des présumés auteurs. Les victimes peuvent se tourner vers la cellule de la Congrégation ou vers un collectif créé par d’anciens élèves.