Sept années se sont écoulées depuis l’adoption de la loi interdisant les châtiments corporels, pourtant une large majorité de parents français reconnaît toujours avoir recours à des violences verbales ou psychologiques envers leurs enfants. Une enquête récente dresse un constat préoccupant sur la persistance de ces méthodes éducatives.
Selon les derniers chiffres, plus de huit parents sur dix avouent avoir eu recours à au moins une forme de violence psychologique ou verbale au cours de l’année passée. Un quart des personnes interrogées continuent par ailleurs de considérer la fessée comme une pratique acceptable et efficace.
L’étude met en lumière une banalisation persistante de ce que les spécialistes nomment les « violences éducatives ordinaires ». Près d’un tiers des parents estiment que certains enfants nécessiteraient des punitions physiques pour bien se comporter. Une perception qui révèle une résistance culturelle aux principes édictés par la loi de 2019, laquelle stipule clairement que l’autorité parentale doit s’exercer sans aucune violence physique ou psychologique.
Des disparités notables apparaissent également entre les sexes. Les pères se montrent significativement plus enclins que les mères à juger les punitions corporelles nécessaires, avec un écart de quinze points entre les deux groupes.
Sur le terrain, les actes concrets restent fréquents. Au cours des douze derniers mois, trois parents sur dix déclarent avoir donné une tape, plus de deux sur dix une fessée, et près d’un sur cinq avoir utilisé des termes dévalorisants à l’encontre de leur enfant. Au total, plus d’un tiers des parents reconnaissent au moins un épisode de violence physique.
Ces résultats interviennent alors que la jurisprudence a récemment rappelé l’absence de tout « droit de correction » dans la législation française. Malgré ce cadre juridique désormais clair, la normalisation de ces pratiques comme outils pédagogiques semble profondément ancrée, selon les organisations de protection de l’enfance.
L’enquête, menée auprès d’un échantillon représentatif de mille parents, souligne le chemin qui reste à parcourir pour que le principe du « sans violence » devienne une réalité dans l’éducation au quotidien.