La tension reste palpable à Crans-Montana, une semaine après le terrible incendie qui a ravagé une discothèque dans la nuit de la Saint-Sylvestre, faisant quarante morts et plus d’une centaine de blessés. L’enquête se concentre désormais sur le couple français qui gérait l’établissement « Le Constellation », tandis que la colère et l’incompréhension grandissent parmi les proches des victimes.
Un incident survenu devant un restaurant appartenant aux gérants a illustré cette atmosphère électrique. Une équipe de journalistes italiens a été prise à partie, bousculée et menacée par des proches des propriétaires. Jacques et Jessica Moretti ont pour leur part fait parvenir un communiqué exprimant leur « dévastation » et leur « chagrin », assurant de leur « entière collaboration » et affirmant qu’ils ne chercheront pas à « se dérober ».
Pourtant, leur maintien en liberté provoque l’indignation. Maître Sébastien Fantia, qui représente plusieurs familles de victimes, a publiquement demandé leur placement en détention. Il redoute des dissimulations de preuves, pointant du doigt des photographies de travaux de rénovation – réalisés par le gérant lui-même en 2015 – qui auraient depuis disparu d’une page Facebook. « Ce que nous ne comprenons pas, c’est que ce gérant et son épouse ne dorment pas en prison à ce jour », a-t-il déclaré.
Les autorités locales évoquent de leur côté une « culture du risque inconsidérée ». Le président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a dénoncé la « négligence de l’exploitant dans la gestion de l’établissement ». Parallèlement, le parcours judiciaire de Jacques Moretti en France, où il est connu pour des affaires d’incitation à la prostitution et de fraude aux aides au logement, retient également l’attention. Le parquet de Paris a ouvert une enquête distincte pour accompagner les victimes françaises de cette tragédie, dont le bilan ne cesse d’alourdir le poids du drame.