Des rassemblements sont prévus dans de nombreuses villes françaises ce samedi et ce dimanche. Ces manifestations, organisées par une large coalition d’associations environnementales, de syndicats agricoles alternatifs et d’ONG, visent à exprimer un rejet ferme de la loi portée par le sénateur Laurent Duplomb et, plus particulièrement, de son projet de réintroduire certains insecticides actuellement prohibés.
À l’origine de ce mouvement, le collectif « Nourrir », qui fédère des acteurs comme Greenpeace, la Confédération paysanne ou le WWF, dénonce une série de décisions politiques qu’il juge néfastes pour l’environnement et la santé publique. Les organisateurs estiment que ces orientations législatives, tant au niveau national qu’européen, représentent un recul significatif en matière de protection écologique.
Le point de crispation majeur réside dans la volonté de réautoriser, sous conditions, l’acétamipride. Ce produit, appartenant à la famille des néonicotinoïdes, est reconnu pour sa toxicité envers les pollinisateurs, notamment les abeilles. Sa précédente réintroduction, via la loi Duplomb adoptée cet été, avait été invalidée par le Conseil constitutionnel, qui avait pointé un cadre juridique insuffisant.
Les défenseurs de cette mesure, comme la FNSEA et la Coordination rurale, mettent en avant l’absence d’alternatives pour protéger des cultures comme la betterave sucrière ou la noisette. Face à cette argumentation, les manifestants rétorquent que la loi ne répond pas aux véritables urgences du secteur agricole, la première étant, selon eux, la question cruciale de la rémunération des producteurs.
L’opposition citoyenne se traduit également par une pétition en ligne, qui a recueilli plus de deux millions de signatures, dépassant très largement le seuil requis pour susciter un débat parlementaire. Alors qu’une discussion à l’Assemblée nationale est attendue, le sénateur a déposé une nouvelle proposition de loi début février. Ce texte vise à autoriser, de manière temporaire et encadrée, non seulement l’acétamipride mais aussi un autre pesticide, le flupyradiflurone, pour plusieurs cultures.
Pour les organisateurs des rassemblements, ce week-end de mobilisation est l’occasion de rappeler que les véritables attentes du monde agricole et de la société civile résident dans une transition écologique juste et dans la souveraineté alimentaire, et non dans un retour à des produits dont les dangers sont avérés.