À Strasbourg, le second tour des élections municipales est marqué par une coalition surprenante qui a provoqué le rejet des appareils nationaux. La candidate issue de la gauche, Catherine Trautmann, et le candidat centriste Pierre Jakubowicz ont décidé de joindre leurs forces, un rapprochement qui leur a valu un désaveu immédiat de leurs partis respectifs.
Lors du premier tour, Catherine Trautmann était arrivée en tête, suivie de près par le candidat de la droite traditionnelle. La maire écologiste sortante et un candidat de la gauche radicale complétaient le podium. Avec un score modeste, la liste de Pierre Jakubowicz est pourtant devenue un atout décisif dans la recomposition des forces en présence.
La justification de cette union inédite repose sur un front commun contre ce que les deux candidats qualifient d’extrême gauche, faisant référence à l’alliance conclue entre la maire sortante écologiste et le mouvement de la France insoumise. Pour ses promoteurs, il s’agit avant tout de défendre l’intérêt général de la ville face à un pôle politique perçu comme radical.
Cet accord a suscité une vive réaction au sein des états-majors nationaux. La direction du Parti socialiste a publiquement réprouvé cette alliance, estimant qu’elle plaçait ses signataires en dehors de la famille politique socialiste. De son côté, le mouvement Horizons, auquel appartenait Pierre Jakubowicz, a également désavoué son candidat et annoncé son soutien au candidat de la droite classique pour le second tour.
Cette situation crée une configuration électorale singulière pour le dernier tour de scrutin : une candidate écologiste soutenue par la gauche radicale, une socialiste sans l’aval de son parti et alliée à un centriste lui-même en rupture avec sa formation, et un candidat de la droite bénéficiant du soutien du centre officiel. Le scrutin s’annonce particulièrement disputé et pourrait reconfigurer durablement le paysage politique local.