accueil SociétéLa proposition d’interdiction du voile pour les mineures rejetée en commission, le débat reporté à l’Assemblée

La proposition d’interdiction du voile pour les mineures rejetée en commission, le débat reporté à l’Assemblée

par Lionel Feuerstein
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La commission des Lois de l’Assemblée nationale a mis un coup d’arrêt, ce mercredi, à un texte controversé porté par Les Républicains. Ce projet visait à proscrire le port du voile pour les filles mineures dans l’espace public. Cependant, le sujet est loin d’être clos, puisqu’il sera de nouveau soumis aux députés le 22 janvier prochain, dans le cadre d’une journée réservée au groupe LR.

L’initiative législative, défendue par Laurent Wauquiez, avait pour objectif d’empêcher qu’un parent « impose à sa fille mineure, ou l’autorise, à porter, dans l’espace public, une tenue destinée à dissimuler sa chevelure ». Ses partisans, à l’instar du rapporteur Patrick Hetzel (LR), y voient un symbole d’infériorité imposé aux femmes et une assignation précoce à une identité religieuse rigide, évoquant également des stratégies d’influence.

Au sein de la majorité présidentielle, les positions ont été contrastées. Si le Premier ministre Gabriel Attal s’est déclaré favorable à une interdiction, il l’a limitée aux jeunes filles de moins de 15 ans, une position reprise par un amendement. À l’opposé, le président de la commission des Lois, Florent Boudié, a exprimé de vives réserves, soulignant que la laïcité ne signifiait pas l’effacement de toute expression religieuse de l’espace public et anticipant une censure du Conseil constitutionnel.

La gauche, quant à elle, s’est fermement opposée au texte, parvenant à faire adopter des amendements de suppression. Les élus ont dénoncé une proposition jugée contraire à la Constitution, stigmatisante et inutile, certains qualifiant le débat de surenchère entre la droite et l’extrême droite. Le Rassemblement National, bien que soutenant le principe, a critiqué une formulation trop vague, susceptible de créer des contentieux et de viser des accessoires vestimentaires courants. Des doutes pratiques ont également été soulevés au centre, concernant la difficulté de prouver la contrainte parentale.

Ce rejet en commission marque une étape, mais laisse présager un débat parlementaire animé lors de sa prochaine présentation dans l’hémicycle.

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