Un enseignant-chercheur en mathématiques, affecté à un laboratoire de haute sécurité de l’Université de Bordeaux, fait face à des accusations judiciaires graves. Les magistrats l’ont mis en examen à la mi-décembre pour des faits présumés d’ingérence au profit d’un État étranger, identifié comme étant la Chine.
L’affaire concerne l’accès non autorisé à des installations sensibles. Le chercheur est soupçonné d’avoir introduit des membres d’une délégation chinoise dans des zones classées à régime restrictif (ZRR) au sein de l’Institut d’ingénierie et de mécanique de Talence. La nature des informations ou des équipements auxquels ces visiteurs auraient pu accéder n’a pas été précisée, mais les autorités judiciaires soulignent le caractère « très important » de la sensibilité des lieux.
Les charges retenues sont lourdes. Le parquet de Paris a notamment retenu le chef de « livraison d’information à une puissance étrangère », un délit passible de quinze années d’emprisonnement et d’une amende substantielle. L’universitaire est également poursuivi pour « intelligence avec une puissance étrangère » et « complicité d’intrusion dans un local intéressant la défense nationale ».
L’enquête, ouverte début 2024 suite à un signalement, a conduit à une perquisition et à des auditions. Bien que laissé libre sous contrôle judiciaire, l’homme se voit interdire l’accès à son laboratoire. Par l’intermédiaire de son conseil, il conteste la version des faits présentée par l’accusation, affirmant émettre « des réserves » substantielles.
L’établissement universitaire concerné, sollicité pour un commentaire, a choisi de ne pas s’exprimer sur cette affaire en cours, qui met en lumière les défis de la protection des savoirs sensibles dans le cadre de collaborations internationales.