Le Premier ministre a dévoilé ses priorités pour le prochain budget, mais son discours est resté étrangement silencieux sur l’essentiel : comment financer ces promesses ? Alors que l’objectif affiché est de réduire le déficit public à 5 % du PIB d’ici 2026, les sources de financement et les économies concrètes demeurent dans l’ombre.
Lors d’une prise de parole récente, le chef du gouvernement a énuméré une série de mesures sociales attendues, comme la revalorisation de la prime d’activité, le maintien du repas à un euro pour les étudiants ou le refus de nouveaux allègements de charges pour les entreprises. Il a réaffirmé une ligne rouge : aucune hausse de la fiscalité directe ou indirecte pour les ménages, avec le maintien de niches fiscales et l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu.
Cependant, le flou persiste sur l’origine des fonds nécessaires, notamment pour couvrir le coût estimé à deux milliards d’euros de la prime d’activité. Le gouvernement évoque une lutte accrue contre la fraude et l’optimisation fiscale abusive, mais reste muet sur des pistes pourtant débattues au Parlement, comme un nouvel impôt sur la fortune ou une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Les économies budgétaires, hormis la chasse à la fraude, ne sont pas détaillées.
Cette absence de feuille de route précise laisse planer le doute sur la crédibilité de l’objectif de réduction du déficit. Elle intervient dans un contexte politique tendu, où l’exécutif pourrait encore chercher des appuis pour faire adopter son texte. Les réactions des premiers partenaires parlementaires, qualifiant les annonces d’« insuffisantes » mais comportant des « avancées réelles », suggèrent que les négociations se poursuivent en coulisses. Le compte à rebours pour présenter un budget financièrement cohérent est désormais lancé.