Une nouvelle plainte pour viol, déposée à Paris, vient mettre en lumière le rôle présumé d’un intermédiaire dans le vaste réseau du prédateur sexuel Jeffrey Epstein. L’homme, Daniel Siad, est décrit dans des documents judiciaires américains comme un « recruteur » de jeunes femmes pour le compte du milliardaire.
La plaignante, Ebba Karlsson, une ancienne mannequin suédoise de 56 ans, accuse Daniel Siad de viols remontant à 1990. Selon son récit, l’homme l’aurait attirée à Monaco sous couvert d’une séance photo, avant de l’emmener à Cannes où les agressions auraient eu lieu. Elle affirme avoir ensuite été conduite à Paris, dans les locaux de l’agence Elite, où elle aurait subi une nouvelle agression de la part d’une autre figure du milieu, Gérald Marie.
Cette plainte semble dessiner les contours d’un volet français de l’affaire Epstein, longtemps resté dans l’ombre. Les documents déclassifiés du FBI, où le nom de Daniel Siad apparaît à de nombreuses reprises, le présentent comme un contact régulier du milliardaire, avec qui il échangeait des commentaires sur l’âge et l’apparence des jeunes femmes rencontrées.
Selon des informations recueillies par des médias français, Daniel Siad, d’origine algéro-suédoise, opérait dans les années 1990 en se présentant comme un chasseur de têtes dans le milieu de la mode. Sa méthode consistait à aborder de jeunes femmes dans la rue pour leur promettre une carrière de mannequin. Au moins quatre autres Françaises auraient été recrutées par ses soins pour Epstein, selon des investigations. L’une d’elles se décrit comme ayant été réduite en « esclavage sexuel » pendant plusieurs années dans la résidence parisienne du milliardaire, avenue Foch, et accuse Siad d’avoir tenté de la forcer à recruter à son tour.
Malgré ces accusations graves et l’intérêt porté par la police française en 2019 et 2020, Daniel Siad n’a, à ce jour, jamais été entendu par les enquêteurs dans le cadre de ces affaires. Interpellé par une équipe de journalistes, il a fermement nié toute implication dans des abus sur mineurs ou un trafic d’êtres humains. « Je n’ai jamais vendu un être humain de ma vie », a-t-il déclaré, tout en exprimant sa compassion pour les victimes d’Epstein et de Jean-Luc Brunel, un autre recruteur du milieu décédé en 2022.
L’avocate d’Ebba Karlsson, Anne-Claire Lejeune, a indiqué que sa cliente souhaitait que les autorités judiciaires analysent le mode opératoire de Daniel Siad et recherchent d’éventuelles autres victimes. Cette plainte relance ainsi la question de l’étendue du réseau de recrutement européen de Jeffrey Epstein et du sort réservé à ses éventuels complices.