Face à une menace jugée croissante et structurée, les autorités françaises envisagent de mobiliser des outils habituellement réservés à la lutte contre le terrorisme pour contrer la propagation des idéologies masculinistes. Cette annonce fait suite à une série d’attaques ciblées contre des dispositifs dédiés à la protection des femmes.
Lors d’une séance parlementaire, le ministre de l’Intérieur a dénoncé une offensive coordonnée contre les politiques d’égalité et les associations féministes. Il a particulièrement pointé les campagnes de harcèlement visant la ligne téléphonique nationale d’écoute pour les femmes victimes de violences, le 3919, qualifiant ces actions de stratégie délibérée d’intimidation.
La réponse envisagée est d’une sévérité inédite. Il a été indiqué que les procédures permettant de suspendre les financements publics et de déréférencer les sites internet incitant à la haine et à la violence seraient alignées sur le cadre juridique antiterroriste, afin d’accélérer et de simplifier les interventions.
Cette décision s’appuie sur une inquiétude concernant la montée en puissance de la mouvance dite « incel » (célibat involontaire) sur le territoire national. Les services de renseignement suivent de près cette idéologie, dont les ramifications internationales ont parfois conduit à des passages à l’acte violents, voire à des attentats. Un exemple récent a été cité : l’interpellation, au printemps dernier, d’un jeune homme de 18 ans qui, après avoir consulté de manière obsessive des plateformes masculinistes, préparait une action violente.
Les associations en première ligne, comme la Fédération nationale Solidarité Femmes, font état d’une aggravation des attaques. Elles rapportent des tentatives de saturation de la ligne d’écoute par des appels coordonnés, de plus en plus agressifs, émanant de collectifs qui dénoncent une prétendue discrimination envers les hommes, alors que d’autres dispositifs d’aide existent.
Ce durcissement politique intervient dans un contexte où près de quatre hommes sur dix considéreraient, selon une étude récente, que le féminisme représente une menace pour leur place dans la société. Le gouvernement entend ainsi envoyer un signal fort contre des discours qu’il estime alimenter la haine et présenter un risque tangible pour la sécurité publique.