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Vincent Bolloré face à la justice pour des soupçons de marchandage en Afrique

by Fabien Jannic-Cherbonnel
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L’homme d’affaires français Vincent Bolloré devra répondre de ses actes devant le tribunal correctionnel de Paris à la fin de l’année 2026. Les magistrats instructeurs ont estimé qu’il existait des charges suffisantes pour le renvoyer en procès dans une affaire complexe de corruption d’agents publics étrangers, centrée sur des opérations au Togo et en Guinée.

Le dossier, souvent évoqué sous l’appellation des “ports africains”, plonge ses racines dans des événements remontant à plus d’une décennie. Il concerne des services de communication fournis par l’agence Havas, alors filiale du groupe Bolloré, lors de campagnes électorales présidentielles. Les enquêteurs soupçonnent que ces prestations ont été facturées à un tarif anormalement bas aux équipes de campagne de Faure Gnassingbé au Togo et d’Alpha Condé en Guinée, autour de l’année 2010.

En contrepartie, le groupe Bolloré aurait, selon les éléments de l’instruction, bénéficié de faveurs substantielles de la part des autorités de ces pays. Ces avantages présumés incluraient notamment une prolongation de la concession pour l’exploitation du port de Lomé, au Togo, ainsi que divers allègements fiscaux.

La procédure judiciaire, ouverte en 2013, a connu plusieurs rebondissements. En 2021, une tentative de règlement par une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité avait échoué, le tribunal ayant refusé d’homologuer l’accord qui prévoyait une amende pour l’industriel. Cette décision avait conduit à la reprise de l’instruction, aboutissant aujourd’hui à l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel.

La défense de Vincent Bolloré a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision, invoquant des vices de procédure. Ses avocats estiment que les précédentes étapes de la procédure ont porté atteinte aux droits de leur client, rendant selon eux impossible la tenue d’un procès équitable.

L’audience, dont les dates sont fixées du 7 au 17 décembre 2026, promet d’être un moment judiciaire important. Elle devra démêler les fils d’affaires opaques mêlant géopolitique africaine, intérêts économiques colossaux et pratiques commerciales aux frontières de la légalité.