accueil SociétéUne usine du Val-d’Oise ferme ses portes, la production migre à l’étranger

Une usine du Val-d’Oise ferme ses portes, la production migre à l’étranger

par Lionel Feuerstein
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Une page industrielle se tourne dans le Val-d’Oise. Le site de production de pièces automobiles de Puiseux-Pontoise, appartenant au groupe Lisi, va cesser son activité. La direction a annoncé son intention de transférer les lignes de fabrication vers l’Allemagne et le Maroc, une décision qui se traduira par la suppression de 135 emplois sur place.

Cette unité, spécialisée dans la fabrication de fixations pour le secteur automobile, était confrontée à d’importantes difficultés de compétitivité. Selon la direction, l’écart de coûts de production avec des concurrents basés en Turquie, en Inde ou en Chine pouvait atteindre 25%. Incapable de remporter des contrats pour les nouveaux modèles de véhicules, l’usine survivait principalement grâce à la production pour d’anciennes générations de voitures.

La nouvelle, tombée de manière inattendue, a provoqué une réaction immédiate du personnel. Les salariés ont immédiatement voté la grève, un mouvement qui devrait se poursuivre au moins jusqu’à l’ouverture des négociations sociales prévues fin janvier. Le groupe promet de proposer des solutions de reclassement au sein de ses autres établissements, notamment dans le secteur aérospatial, situés dans d’autres régions françaises.

Cette fermeture s’inscrit dans un contexte de forte pression sur l’industrie automobile européenne. Les constructeurs, eux-mêmes sous tension, exigent des baisses de prix tout au long de leur chaîne d’approvisionnement. Face à cette réalité, Lisi envisage même de développer une activité de négoce, consistant à importer des pièces d’Asie pour les redistribuer sur le marché européen.

Le cas de Puiseux-Pontoise est loin d’être isolé. Il intervient peu après l’annonce de la fermeture d’un site Bosch dans l’Allier, affectant 265 emplois. Des études sectorielles alertent sur les risques pesant sur la filière, qui pourrait voir des centaines de milliers d’emplois menacés en Europe d’ici à 2030, en l’absence de mesures de protection contre une concurrence internationale aux coûts bien inférieurs.

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