Le père d’une victime de l’incendie du Cuba Libre à Rouen en 2016 lance un cri d’alarme glaçant, affirmant que les circonstances du récent drame de Crans-Montana en Suisse sont identiques. Pour lui, l’histoire se répète de façon macabre, mettant en lumière des failles de sécurité persistantes.
Rémy Hubert, qui a perdu son fils Zacharia dans les flammes il y a près de huit ans, constate avec amertume que les configurations mortelles se reproduisent. Des portes fermées, des matériaux inflammables similaires : le schéma semble se copier d’une tragédie à l’autre. La nuit du Nouvel An en Suisse, quarante personnes ont trouvé la mort dans des conditions rappelant sinistrement celles qui ont coûté la vie à quatorze jeunes à Rouen.
D’autres voix s’élèvent pour dénoncer un système défaillant. Johnny Autin, père d’une autre victime rouennaise, affirme avoir prédit cette répétition du drame. Il pointe du doigt un cadre réglementaire inadapté, permettant à certains établissements de contourner les normes de sécurité les plus strictes. Selon lui, la distinction entre les catégories d’établissements crée une faille exploitée par des gérants peu scrupuleux, transformant illégalement des caves en espaces de danse sans contrôle.
Le verdict judiciaire de l’affaire du Cuba Libre, conclu par des peines de prison ferme pour les gérants en 2019, n’a visiblement pas suffi à instaurer une vigilance générale. Une dizaine de manquements aux règles de sécurité avaient été relevés à l’époque, sans pour autant provoquer un sursaut préventif à grande échelle.
Aujourd’hui, ces familles endeuillées lancent un appel pressant aux autorités publiques. Leur demande est claire : un renforcement des contrôles systématiques et une harmonisation des obligations de sécurité pour éviter que l’horreur ne se reproduise. Le deuil national décrété en Suisse résonne comme un écho douloureux à leurs propres combats, toujours d’actualité, pour que la sécurité ne soit plus un option dans les lieux de nuit.