accueil SociétéUne salariée handicapée obtient 40 000 euros après avoir été mise à l’écart

Une salariée handicapée obtient 40 000 euros après avoir été mise à l’écart

par Lionel Feuerstein
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Une femme de 61 ans, reconnue travailleuse handicapée à la suite de graves problèmes pulmonaires, vient de remporter une victoire significative devant la justice. Les prud’hommes ont condamné son ancien employeur, le groupe de luxe SMCP, à lui verser une indemnité de plus de 40 000 euros pour manquement à son obligation de protection.

L’affaire remonte à plusieurs années. Employée depuis 2009 comme préparatrice de commandes dans les entrepôts du groupe en région parisienne, la salariée voit sa santé se dégrader fin 2015 après avoir contracté une infection bactérienne résistante. Alors qu’elle est en arrêt maladie, la direction lui propose une rupture conventionnelle, une offre qu’elle décline, surprise par cette démarche.

Après un long arrêt de trois ans, elle est autorisée à reprendre son activité en 2017 avec un poste aménagé, devenant agent logistique et administratif. Mais son état de santé continue de se détériorer, nécessitant l’ablation d’un poumon en 2019. C’est à partir de ce moment, selon ses déclarations, qu’une mise à l’écart progressive aurait commencé.

Elle affirme avoir d’abord été affectée dans un espace exigu avec plusieurs collègues, avant d’être reléguée, en 2021, dans un coin isolé et poussiéreux d’un entrepôt, sans mission précise. « Je passais mes journées sans aucune tâche à accomplir, dans des conditions dont on ignorait totalement l’impact sur la santé », a-t-elle témoigné.

Face à cette situation qu’elle qualifie de « placardisation », la salariée, accompagnée de ses conseils juridiques, a saisi la justice. Le conseil de prud’hommes a retenu que l’entreprise avait failli à son devoir de garantir la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de cette employée handicapée.

La défense du groupe SMCP a pour sa part indiqué qu’un espace de travail adapté avait été proposé, mais non utilisé par l’intéressée. Malgré la décision, le conflit n’est pas terminé : l’entreprise a fait savoir son intention de faire appel du jugement. La plaignante, qui réclamait initialement près de 150 000 euros, devrait également contester le montant de l’indemnisation allouée.

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