Un chiffre qui interpelle et qui traduit une réalité sombre. L’année dernière, plus de 4.500 adultes ont contacté une ligne téléphonique spécialement conçue pour les personnes éprouvant une attirance sexuelle envers les enfants. Ce service, le Stop (Service téléphonique d’orientation et de prévention), a enregistré un volume d’appels ayant triplé sur les cinq dernières années, selon les données communiquées par la Fédération française des centres de ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles.
Sur les 4.577 appels comptabilisés en 2025, près de 450 ont dépassé les cinq minutes de conversation, indiquant souvent la gravité des situations abordées. La très grande majorité de ces contacts (84%) émanaient de personnes appelant pour la première fois, un signe que le dispositif parvient à toucher un public nouveau. Dans près de deux tiers des cas, l’appelant reconnaissait lui-même des pulsions pédophiles. Les autres sollicitations concernaient des proches inquiets ou des demandes d’information.
Le profil type de l’appelant est un homme – ils représentent 90% des contacts – d’environ 37 ans. Ces statistiques soulignent l’importance d’un outil dont la mission première est préventive : offrir une écoute confidentielle, une information fiable et une orientation vers des soins spécialisés pour tenter d’empêcher le passage à l’acte.
Les autorités rappellent que ressentir une attirance ne signifie pas automatiquement commettre une agression. Cependant, cette « zone grise » représente un risque bien réel. La ligne s’adresse aussi à l’entourage – famille, amis, éducateurs – qui pourrait déceler des signaux alarmants et chercher des conseils pour réagir. L’objectif est clair : ne pas laisser la honte ou la peur isoler les individus en souffrance, et ainsi mieux protéger les enfants.