accueil Faits diversUne fille en quête de justice : l’impasse d’une plainte pour inceste face à un père déjà condamné

Une fille en quête de justice : l’impasse d’une plainte pour inceste face à un père déjà condamné

par Sylvain Tronchet
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Près d’un an après avoir déposé plainte pour viol contre son propre père, une femme dénonce l’immobilisme de la justice. Caroline Darian, 47 ans, accuse Dominique Pelicot, condamné fin 2024 à vingt ans de réclusion criminelle pour des viols et agressions sexuelles sur son ex-épouse, d’être également son agresseur.

Dans une démarche douloureuse, elle a saisi les autorités judiciaires au printemps dernier. Aujourd’hui, son avocate, Maître Florence Rault, alerte sur l’absence apparente d’avancées concrètes. Dans une missive adressée au parquet de Versailles, l’avocate souligne qu’aucune enquête approfondie ne semble avoir été diligentée, laissant le dossier dans l’expectative. « Ma plainte prend la poussière », résume amèrement Caroline Darian.

Les éléments à charge reposent notamment sur des photographies trouvées sur les appareils informatiques de Dominique Pelicot, le représentant sa fille endormie et partiellement dévêtue. Pour la défense de la plaignante, ces images, associées à un contexte familial marqué par la violence sexuelle, justifient une instruction sérieuse. Maître Rault, qui représente également des parties civiles dans d’autres dossiers impliquant Pelicot, estime que les faits allégués présentent des similitudes troublantes avec le mode opératoire déjà établi.

« Je suis la sacrifiée de cette affaire », affirme Caroline Darian. Elle estime que l’attention s’est entièrement portée sur les sévices subis par sa mère, occultant d’autres victimes potentielles au sein de la famille. Son témoignage évoque également la complexité des relations familiales, notamment avec sa mère, Gisèle Pelicot. Des tensions sont nées pendant le procès, la fille se sentant abandonnée face aux dénégations paternelles. Elle décrit une mère initialement sidérée, pour qui l’éventualité de l’inceste était difficile à concevoir.

Un cheminement douloureux a cependant permis un rapprochement. « Nous cheminons ensemble », confie-t-elle, évoquant une relation mère-fille retrouvée. Elle exprime aussi sa fierté face au parcours de résilience de sa mère, qui publiera prochainement un ouvrage.

Fondatrice d’une association de lutte contre la soumission chimique, Caroline Darian ne baisse pas les bras. Son combat judiciaire dépasse le cadre personnel : il questionne la capacité de l’institution à prendre en compte la parole des victimes d’inceste, même lorsque l’agresseur présumé est déjà derrière les barreaux pour des crimes similaires. Elle attend désormais un signe des magistrats pour que sa quête de vérité ne reste pas lettre morte.

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