accueil Faits diversUne fille en quête de justice : l’attente interminable d’une plainte pour viol contre un père déjà condamné

Une fille en quête de justice : l’attente interminable d’une plainte pour viol contre un père déjà condamné

par Sylvain Tronchet
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Près d’un an après avoir déposé plainte, Caroline Darian dénonce l’immobilisme de la justice. Elle accuse son père, Dominique Pelicot, déjà condamné à vingt ans de réclusion criminelle en décembre 2024 pour des viols et agressions sexuelles sur son ex-épouse, de l’avoir également violée.

Dans un courrier adressé au parquet de Versailles, son avocate, Maître Florence Rault, alerte sur l’absence d’enquête sérieuse. « Ma plainte prend la poussière », résume amèrement Caroline Darian, qui affirme être « la sacrifiée de cette affaire ». Elle regrette que toutes les investigations se soient concentrées sur les crimes subis par sa mère, Gisèle Pelicot, alors que, selon elle, « dans notre famille, Dominique Pelicot a fait d’autres victimes ».

Des éléments troublants étayent ses accusations. Deux photographies, découvertes dans les supports informatiques de son père, la montreraient endormie et à moitié nue. Pour son avocate, ces images, le « regard incestueux » qu’elles traduiraient et le mode opératoire impliquant une sédation nécessitent un réexamen urgent du dossier et la tenue d’auditions. « Il ne reconnaîtra jamais spontanément son implication », affirme-t-elle, précisant représenter également des parties civiles dans deux cold cases pour lesquels Dominique Pelicot est mis en examen.

Le parcours de Caroline Darian est marqué par une solitude douloureuse, notamment lors du procès de son père. Elle confie avoir en voulu à sa mère de ne pas l’avoir soutenue face aux « silences et aux mensonges » de l’accusé. « Je me suis sentie très seule. Ma mère sait que c’est bien moi sur ces photos, mais c’était très difficile pour elle d’envisager qu’il avait pu aller jusqu’à l’inceste », explique-t-elle.

Les relations mère-fille, longtemps tendues, commencent aujourd’hui à se réparer. « Nous cheminons ensemble. Aujourd’hui, elle comprend ma quête de vérité », témoigne Caroline Darian, fondatrice d’une association de lutte contre la soumission chimique. Elle exprime sa fierté pour le combat de sa mère et évoque avec espoir la sortie prochaine de son livre, perçu comme un message fort pour la société.

Alors que son père purge sa peine, Caroline Darian continue, elle, d’attendre que sa propre parole soit enfin entendue et que sa plainte ne reste pas lettre morte.

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