L’absence répétée de l’ancienne présidente du Louvre, Laurence des Cars, devant la commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner la sécurité des musées, suscite une vive irritation parmi les élus. Après un premier report, sa convocation a une nouvelle fois été annulée in extremis ce mardi, alimentant les critiques sur son défaut de coopération avec la représentation nationale.
Le député et rapporteur de la commission, Alexis Corbière, n’a pas caché son agacement. Il rappelle que l’audition initialement prévue fin février avait déjà été décalée à la demande de l’intéressée, peu après le retentissant cambriolage du musée et le dépôt de sa démission. Ce qui a particulièrement froissé le parlementaire, c’est le choix de Mme des Cars de s’exprimer d’abord dans les médias, accordant des interviews télévisées et écrites, plutôt que de répondre aux sollicitations des députés en charge de l’enquête.
« Le respect dû à l’institution parlementaire n’est pas une option », a martelé le rapporteur, soulignant que la commission avait pour mission de faire toute la lumière sur les dysfonctionnements en matière de sécurité et les circonstances ayant conduit à la démission de l’ex-présidente. L’annulation de la seconde audition, confirmée seulement quelques heures avant le rendez-vous, est perçue comme un camouflet supplémentaire.
Du côté de la majorité de la commission, le ton est tout aussi sévère. Le président Alexandre Portier dénonce une « fuite en avant » et une stratégie d’évitement. « Lorsqu’on a la conscience tranquille, on ne craint pas de rendre des comptes », a-t-il affirmé, promettant que cette obstruction ne resterait pas sans suite et qu’une nouvelle date de convocation serait fixée.
Les travaux de la commission, à mi-parcours, ont déjà dressé un constat sévère sur la gestion du Louvre sous la présidence de Laurence des Cars, évoquant un « pilotage défaillant » et une forme d’opacité. Dans ce contexte, le refus persistant de l’ancienne dirigeante de comparaître est interprété comme un aveu implicite de difficultés à justifier son action.
La succession est désormais assurée par Christophe Leribault, qui hérite du lourd dossier du projet « Louvre Renaissance », lui-même soumis à critiques. L’affaire révèle les tensions persistantes entre l’exécutif culturel et le contrôle parlementaire, et place l’ancienne présidente dans une position délicate, sommée de sortir du silence pour s’expliquer devant les représentants de la Nation.