accueil SociétéUne enfance volée dans l’enfer domestique : le témoignage poignant de Suzanne, 24 ans

Une enfance volée dans l’enfer domestique : le témoignage poignant de Suzanne, 24 ans

par Lionel Feuerstein
0 commentaires 3 vues

C’est avec une sérénité de façade que Suzanne, aujourd’hui âgée de 24 ans, évoque le calvaire de son passé. Derrière cette apparente tranquillité se cache une femme profondément marquée par des années de terreur au sein de ce qu’elle décrit comme « la maison de l’horreur ». Elle a grandi sous l’emprise de Makhete Mare, qualifié de gourou, dans la commune de Nogaro, dans le Gers. Son récit, livré récemment, dévoile l’ampleur des sévices subis et dont l’homme a finalement été reconnu coupable l’automne dernier pour des faits de torture et d’actes de barbarie.

Les violences, à la fois psychologiques et physiques, ont jalonné son existence de l’âge de trois ans jusqu’à ses 21 ans. Les coups pleuvaient, administrés à la main, au pied, ou à l’aide d’objets détournés, comme des tuyaux transformés en martinets. « La peur de mourir était constante », confie-t-elle. Les brutalités ne s’arrêtaient pas à elle ; sa mère en était également la cible, subissant des humiliations telles que la tonte de ses cheveux, des douches glacées, des coups de ceinture et des coups de pied. Pendant toutes ces années, Suzanne est restée silencieuse, convaincue que cette existence était la norme.

L’enquête a révélé que l’accusé, sans activité professionnelle déclarée, imposait au foyer une pratique d’une rigueur extrême de l’islam. Il avait vidé la maison de la plupart de ses meubles et obstrué les fenêtres, une mesure qu’il justifiait par la nécessité « d’empêcher le diable d’entrer ».

Ce n’est qu’au début de l’année 2022, lorsqu’une des compagnes de Mare a réussi à s’enfuir, que les autorités judiciaires ont été alertées. L’homme a été incarcéré en avril de la même année, et ses enfants mineurs ont été placés. Le verdict est tombé : trente années de réclusion criminelle pour des viols sur ses compagnes et des violences aggravées sur 28 de ses 29 enfants présumés. Le témoignage de Suzanne lève un coin du voile sur l’indicible, rappelant l’urgence de briser les chaînes du silence qui entourent trop souvent les violences intrafamiliales.

Vous aimerez peut-être aussi