accueil PolitiqueUne commission parlementaire sur l’audiovisuel public se réorganise après des tensions

Une commission parlementaire sur l’audiovisuel public se réorganise après des tensions

par Fabien Jannic-Cherbonnel
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Les travaux de la commission d’enquête parlementaire consacrée au fonctionnement et au financement du service public audiovisuel vont reprendre sous de nouveaux auspices. Après une série de séances marquées par la polémique, le bureau de cette instance a décidé d’instaurer un cadre plus strict pour les prochaines auditions, prévues à partir de la semaine du 19 janvier.

L’objectif affiché est de revenir à une démarche d’investigation sereine et de mettre fin à ce que certains dénoncent comme des dérives. De nouvelles règles de conduite ont été établies, enjoignant notamment aux membres de la commission de faire preuve de discrétion et de modération dans leurs prises de parole publiques. Les communications en direct sur les réseaux sociaux durant les auditions ou la déformation des propos des personnes entendues sont explicitement proscrites.

Cette réorganisation fait suite à des incidents répétés attribués au rapporteur de la commission, le député Charles-Henri Alloncle. L’élu, dont le groupe parlementaire est allié au Rassemblement National, a adopté un style d’interpellation jugé agressif par plusieurs de ses collègues et par certaines personnalités auditionnées. Sa méthode, qu’il justifie en affirmant poser « des questions que des millions de Français se posent », a conduit la présidente de l’Assemblée nationale à le rappeler à l’ordre publiquement, par crainte d’un « dévoiement » de la mission d’enquête.

L’attitude du rapporteur a polarisé le débat. Elle a reçu le soutien appuyé de figures de la droite et de l’extrême droite, qui saluent son « courage », tandis que des élus de gauche et du centre ont dénoncé une « instrumentalisation idéologique » et une « tentative d’humiliation » visant les médias publics. Des personnalités de l’audiovisuel, comme la présidente de Radio France Sibyle Veil ou l’animateur Nagui, ont également contesté publiquement ses assertions.

La commission avait été créée dans un contexte déjà sensible, suite à des accusations de partialité politique portées contre le service public. Certains observateurs craignent désormais que le fond du dossier – l’examen du modèle de financement et des garanties d’indépendance – ne soit éclipsé par les controverses de forme. Le président de la commission insiste pour que les travaux ne se transforment pas en un « tribunal politique ».

Dans ce climat tendu, la reprise des auditions, qui porteront notamment sur les représentants des salariés de France Télévisions et de Radio France, sera un test pour l’application des nouvelles règles. Elle déterminera si l’instance parlementaire peut recentrer son travail sur son objet initial ou si elle restera un théâtre d’affrontements politiques.

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