accueil SociétéUne cheffe de police limogée dans les Landes après des tensions sur la gestion des manifestations agricoles

Une cheffe de police limogée dans les Landes après des tensions sur la gestion des manifestations agricoles

par Lionel Feuerstein
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La préfecture des Landes a annoncé ce lundi le retrait de ses fonctions de la directrice départementale de la police nationale. La décision, justifiée officiellement par une série de « manquements répétés », intervient dans un contexte de fortes tensions liées aux récentes mobilisations du monde agricole.

Selon l’administration préfectorale, la mesure fait suite à plusieurs rappels à l’ordre adressés à l’intéressée au cours de l’été 2025, ainsi qu’à de « nouveaux problèmes » survenus depuis le début du mouvement de protestation des agriculteurs en décembre. Le point de rupture définitif semble avoir été la gestion d’un rassemblement non déclaré le 11 janvier dernier. Ce jour-là, des manifestants avaient procédé à des soudures sur les grilles de la préfecture. Les services du préfet affirment avoir demandé en vain à la commissaire de disperser les auteurs de ces actions, une instruction qui ne serait pas restée sans suite pour des raisons de faisabilité.

Agnès Mazin-Bottier, qui dirigeait les commissariats de Dax et de Mont-de-Marsan, a, de son côté, annoncé son départ à la retraite anticipée le 14 janvier, après 36 ans de service. Un départ initialement prévu à l’automne 2026.

La version des faits est vivement contestée par le principal syndicat des commissaires, le SCPN. Ce dernier dénonce une décision « arbitraire » et « illégale », qu’il qualifie de méprisante, et affirme que la mise à l’écart aurait été notifiée par simple SMS. Le syndicat défend l’action de la commissaire, estimant que c’est précisément grâce à sa stratégie de « dialogue normal et fluide », évitant les interpellations, que la manifestation s’est déroulée sans violence, dégradation ou intrusion.

« Les agriculteurs ne sont pas des casseurs. Ce sont des interlocuteurs respectables, souvent connus des services. Le dialogue doit toujours primer », a déclaré le secrétaire général du SCPN, Frédéric Lauze. Il a également souligné les faibles effectifs disponibles sur place, rendant selon lui inenvisageable, et inutile, un recours à la force.

Le syndicat a sollicité une entrevue avec le ministre de l’Intérieur, prévue début février, pour alerter sur ce qu’il perçoit comme une « immixtion de plus en plus forte » de certaines préfectures dans le travail opérationnel des forces de l’ordre, générant selon lui une pression contre-productive. Cette affaire locale cristallise ainsi un débat plus large sur les méthodes de maintien de l’ordre face à des mouvements de protestation spécifiques.

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