accueil SociétéUn village normand sollicite Intermarché pour restaurer sa chapelle, en s’appuyant sur une légende médiévale de loup végétarien

Un village normand sollicite Intermarché pour restaurer sa chapelle, en s’appuyant sur une légende médiévale de loup végétarien

par Lionel Feuerstein
0 commentaires 5 vues

Face à l’immense succès de la campagne publicitaire d’Intermarché mettant en scène un loup végétarien, une petite commune de Seine-Maritime a décidé de saisir l’opportunité. Pavilly, qui abrite une chapelle classée Monument historique en péril, lance un appel original au géant de la distribution en invoquant une vieille légende locale.

Le monument concerné est la chapelle Sainte-Austreberthe, dont les travaux de restauration sont estimés à 2,4 millions d’euros. Pour financer ce projet patrimonial crucial, le conseiller municipal Eddy Lefaux a eu une idée pour le moins singulière : interpeller directement Intermarché en rappelant un récit ancestral lié au village.

Cette histoire, documentée au XIXe siècle par l’historien Eustache-Hyacinthe Langlois, plonge ses racines au VIIe siècle. Elle raconte qu’un loup aurait dévoré l’âne qui assurait le transport du linge entre les abbayes de Pavilly et de Jumièges. Confronté à sainte Austreberthe, le prédateur se serait repenti. Condamné à expier sa faute, il serait alors devenu végétarien, se nourrissant uniquement d’herbe, et aurait passé le reste de son existence à remplacer l’âne dans ses tâches quotidiennes. Cette figure du « loup vert » reste aujourd’hui ancrée dans la mémoire locale, commémorée par une statue et un sentier de randonnée.

C’est ce parallèle avec la publicité contemporaine qu’Eddy Lefaux met en avant. Sur les réseaux sociaux, il interroge avec une pointe d’humour : le loup d’Intermarché, dont la vidéo a cumulé des milliards de vues, pourrait-il venir en aide à l’abbaye de son « ancêtre » légendaire ? Il suggère ainsi qu’une partie des revenus générés par ce phénomène médiatique pourrait être investie dans la sauvegarde de ce patrimoine en danger.

Si la commune peut déjà compter sur des soutiens institutionnels, cette démarche originale vise à attirer l’attention et à trouver un mécène inattendu. L’initiative illustre la créativité dont font preuve certaines collectivités pour préserver leur histoire, n’hésitant pas à tisser des liens entre un récit médiéval et une campagne marketing du XXIe siècle pour assurer l’avenir de leurs pierres anciennes.

Vous aimerez peut-être aussi