Dans le département de la Seine-Maritime, la commune de Pavilly lance un appel singulier. Pour financer la restauration urgente de sa chapelle Sainte-Austreberthe, un édifice classé Monument historique, elle interpelle directement la direction d’Intermarché. L’argument ? Une vieille légende locale qui présente des similitudes frappantes avec la récente campagne publicitaire du distributeur.
Le conseiller municipal Eddy Lefaux, en charge du patrimoine, a décidé de saisir cette opportunité. Il rappelle l’existence d’un récit du VIIe siècle, documenté par l’historien Eustache-Hyacinthe Langlois au XIXe siècle. Cette histoire raconte qu’un loup, ayant dévoré l’âne d’une abbaye, fut contraint par sainte Austreberthe de se repentir. La bête se serait alors métamorphosée, adoptant un régime strictement herbivore et reprenant les tâches de transport de l’animal qu’elle avait consommé.
Aujourd’hui, cette fable du « loup vert » reste ancrée dans la mémoire collective, matérialisée par une statue et un sentier de randonnée. Face à l’ampleur des travaux de sauvegarde de la chapelle, estimés à 2,4 millions d’euros, la municipalité cherche à compléter les financements déjà obtenus auprès de la Fondation du patrimoine et des collectivités territoriales.
« Le loup d’Intermarché, vu des milliards de fois, viendra-t-il en aide à l’abbaye de son ancêtre ? », questionne l’élu sur les réseaux sociaux. Il suggère que le succès planétaire de la publicité pourrait se traduire par un geste de mécénat en faveur de ce patrimoine en péril. Une manière originale de lier une opération marketing contemporaine à la sauvegarde d’une part de l’histoire normande.