Dans un mouvement attendu mais empreint de réserve, Anne Hidalgo a finalement indiqué qu’elle accorderait sa voix à Emmanuel Grégoire, le candidat portant les couleurs d’une union de la gauche, à l’occasion du scrutin municipal. Cette déclaration, formulée après une longue période de silence, met en lumière les tensions persistantes au sein de la majorité sortante.
L’édile sortante a précisé que son vote irait à la liste de gauche, tout en réaffirmant avec fermeté son opposition à toute alliance avec La France insoumise, qu’elle qualifie d’« impasse » pour la famille politique. Ce positionnement souligne les fractures qui traversent la gauche parisienne à quelques semaines du vote.
Ce ralliement discret intervient après des mois de distance vis-à-vis de celui qui fut son premier adjoint pendant six ans. Les relations entre les deux élus se sont notablement dégradées, notamment après le choix contesté d’Anne Hidalgo de désigner un autre successeur potentiel, conduisant à une primaire interne remportée par M. Grégoire. Des propos antérieurs de la maire, laissant entendre qu’elle ne soutiendrait pas sa candidature, avaient suscité l’incompréhension parmi les militants.
Dans ses récentes prises de parole, Anne Hidalgo a principalement centré ses interventions sur la mise en garde contre ses adversaires. Elle a exprimé sa crainte de voir les Parisiens opter pour Rachida Dati, candidate de la droite, évoquant le risque d’une alliance avec des formations d’extrême droite. Elle a également pointé du doigt ce qu’elle perçoit comme une dérive du débat public, marquée selon elle par l’intimidation et les invectives.
La maire sortante n’a pas manqué de rappeler les poursuites judiciaires pour corruption et trafic d’influence qui pèsent sur la ministre de la Culture, des accusations que cette dernière rejette. Concernant les questions entourant son propre mandat, Anne Hidalgo a affirmé ne faire l’objet d’aucun procès, en référence à une enquête ouverte autour d’un voyage officiel.
À l’approche des élections, ce soutien mitigé illustre les divisions et les calculs stratégiques qui caractérisent une campagne où les recompositions politiques et les rivalités personnelles se superposent. L’enjeu pour la gauche unie sera de surmonter ces dissensions internes pour présenter un front uni face à ses concurrents.