Un rapport officiel tire la sonnette d’alarme sur des conditions de prise en charge jugées préoccupantes dans un pôle de psychiatrie hospitalier, pointant du doigt une mortalité anormalement élevée et des pratiques contestables.
L’instance chargée du contrôle des lieux de privation de liberté a rendu public un document accablant concernant le fonctionnement d’un service de psychiatrie. Les enquêteurs y relèvent un taux de décès de patients qui interpelle sur une période de dix-huit mois, sans qu’il s’agisse de suicides. Cette situation soulève de sérieuses questions sur la qualité du suivi médical global assuré dans l’unité.
Le document d’inspection met en lumière des lacunes persistantes dans la surveillance des pathologies somatiques. Il évoque des cas où des signaux alarmants, comme des troubles du rythme cardiaque ou des syndromes d’apnée du sommeil, n’ont pas donné lieu à une traçabilité écrite rigoureuse ou à une prise en charge adaptée, laissant des patients vulnérables sans protection suffisante.
La gestion des mesures de restriction, telles que l’isolement ou la contention, est également vivement critiquée. Les contrôleurs estiment que leur usage reste excessif et que leur traçabilité administrative est défaillante. Ils s’inquiètent notamment de la proportion élevée de chambres d’isolement disponibles dans l’établissement, un ratio qui dépasserait largement les standards nationaux.
Une autre violation flagrante concerne l’hospitalisation de mineurs. Contrairement à la loi, des adolescents seraient encore placés dans des unités pour adultes, faute de structures adaptées sur le territoire. Le rapport dénonce le recours illégal à l’isolement pour certains de ces jeunes patients, sans décision médicale formalisée.
Enfin, la fiabilité des données statistiques fournies par la direction sur l’activité des hospitalisations sous contrainte est remise en cause, jetant une ombre sur la transparence de la gestion.
Face à ces accusations, la direction de l’établissement reconnaît des défis tout en mettant en avant des améliorations récentes. Elle affirme avoir réduit le recours aux mesures de restriction, systématisé les consultations médicales et établi un registre unique. Elle précise que les mineurs ne sont plus placés en chambre d’isolement et qu’un protocole spécifique pour les adolescents a été finalisé.
Cependant, l’hôpital souligne le manque criant de moyens spécialisés, notamment en pédopsychiatrie, et l’absence de lits adaptés pour les jeunes en crise, appelant à une mobilisation plus large des autorités sanitaires pour résoudre ces problèmes structurels.
Le ministère de la Santé a désormais un mois pour examiner ces conclusions et formuler ses observations, dans un contexte où la prise en charge de la santé mentale reste un sujet de préoccupation majeur.