accueil Faits diversUn rescapé de l’incendie de Crans-Montana accuse la direction du Constellation

Un rescapé de l’incendie de Crans-Montana accuse la direction du Constellation

par Sylvain Tronchet
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Un jeune barman, survivant de la tragédie du Nouvel An à Crans-Montana, a rompu le silence depuis son lit d’hôpital. Gravement brûlé lors de l’incendie qui a coûté la vie à quarante personnes, il livre un témoignage accablant sur les conditions de sécurité qui régnaient dans l’établissement et pointe du doigt la responsabilité des gérants.

Employé au bar Constellation, le jeune homme se trouvait au rez-de-chaussée lorsque les premières flammes ont jailli du sous-sol dans la nuit du 31 décembre. Il décrit une propagation foudroyante et une épaisse fumée qui a tout envahi en quelques instants. Ses souvenirs deviennent flous après avoir tenté de descendre un escalier déjà impraticable, se protégeant le visage avec sa manche, avant de perdre connaissance au milieu d’une panique indescriptible. Il affirme ne pas savoir comment il a pu être extirpé des lieux.

Son récit prend une tournure particulièrement grave lorsqu’il révèle avoir lui-même effectué, sur demande expresse d’un des propriétaires, une réparation sur les mousses décoratives quelques semaines avant la catastrophe. Cette intervention, réalisée avec des moyens de fortune pour « économiser de l’argent », aurait concerné le matériau qui serait à l’origine du départ du feu. Selon ses dires, le gérant, informé du travail effectué, n’aurait pas ordonné de remise aux normes.

Le salarié affirme n’avoir jamais reçu la moindre formation ou consigne de sécurité depuis son embauche, ignorant jusqu’à l’emplacement des issues de secours. Cette absence de préparation, couplée à la révélation de travaux d’entretien approximatifs, alimente aujourd’hui sa colère et son sentiment d’abandon face à des dirigeants qui, selon lui, refusent d’assumer leurs responsabilités.

Les investigations ont par ailleurs mis en lumière un défaut de contrôle des autorités, qui n’auraient pas inspecté les lieux depuis cinq ans. La défense des gérants, un couple mis en examen pour homicide et incendie par imprudence, se fonde sur ce dernier contrôle datant de 2019, qui n’aurait soulevé aucune anomalie concernant les mousses inflammables. Leurs avocats soutiennent que leurs clients exploitaient l’établissement en toute confiance, pensant être en conformité avec la réglementation.

Le témoignage de ce rescapé apporte un éclairage poignant et critique sur les circonstances qui ont transformé une soirée de fête en drame national, soulevant des questions cruciales sur la prévention et les responsabilités dans la gestion des établissements recevant du public.

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