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Un ralliement contre le racisme laissé en friche par le centre et la droite

par Fabien Jannic-Cherbonnel
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Ce samedi, les marches citoyennes pour l’égalité et contre la haine devraient normalement transcender les clivages partisans. Pourtant, l’appel lancé par Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, semble buter sur une ligne de fracture politique bien réelle. Alors que la gauche dans son ensemble a annoncé sa présence, les formations du centre et de la droite brillent par leur absence, suscitant interrogations et critiques.

L’événement, prévu devant la mairie de Saint-Denis, se veut un rassemblement pour les valeurs républicaines, une réponse unitaire face à la montée des discours racistes et xénophobes. Le maire, première personnalité noire à diriger une ville de cette importance, a été la cible d’attaques ignobles depuis son élection triomphale. Son initiative a reçu un écho favorable parmi les leaders de la NUPES, qui ont largement relayé l’invitation.

Du côté du pouvoir exécutif et de l’opposition de droite, le silence est éloquent. Aucun responsable majeur de la majorité présidentielle ou des Républicains n’a, à ce stade, fait part de son intention de se joindre au rassemblement. L’absence la plus remarquée est sans doute celle de la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, dont l’entourage a confirmé qu’elle ne serait pas présente. Une position qui contraste avec les déclarations de principe sur le sujet et qui interroge sur la priorité réelle accordée à ce combat.

Certains élus de droite invoquent des agendas chargés, d’autres une méconnaissance de l’événement, à l’image de la présidente de l’Assemblée nationale. Ces justifications peinent à convaincre dans un contexte médiatique où l’appel a été largement diffusé. En coulisses, des voix au sein même de la majorité expriment leur malaise face à cette frilosité, estimant qu’elle envoie un signal problématique.

La réticence des droites à s’associer à cette mobilisation semble largement liée à la couleur politique de son initiateur. Bally Bagayoko, proche de La France insoumise, est perçu par ses détracteurs comme un symbole d’une gauche radicale qu’ils diabolisent régulièrement. Soutenir sa démarche reviendrait, pour eux, à légitimer un camp politique adversaire. Cette logique partisane prend le pas sur l’impératif moral de condamnation unanime du racisme, pourtant affiché comme une cause nationale.

Ce rendez-vous manqué illustre une polarisation croissante où les enjeux sociétaux fondamentaux sont instrumentalisés et pris en otage par les calculs politiciens. Alors que la défense des valeurs de la République devrait fédérer au-delà des étiquettes, elle devient, une fois de plus, un champ de bataille où la solidarité cède le pas à la stratégie électorale. La lutte contre le racisme attend toujours un sursaut d’union véritable.

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