accueil Faits diversUn procès pour viols en série se déroulera à huis clos à Aix-en-Provence

Un procès pour viols en série se déroulera à huis clos à Aix-en-Provence

par Sylvain Tronchet
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Le procès d’un homme accusé d’avoir drogué et violé au moins quatorze femmes s’est ouvert ce lundi devant la Cour criminelle des Bouches-du-Rhône. L’audience se tiendra finalement à huis clos, une décision prise dès les premières minutes à la demande de l’une des parties civiles.

L’accusé, se présentant comme hypnothérapeute, est poursuivi pour des faits s’étalant sur plus de dix ans. Selon l’accusation, il aurait administré à ses victimes, à leur insu, une substance hypnotique, le zolpidem, obtenue par prescription médicale. Sous l’emprise de ce produit, plongées dans un état de torpeur pouvant durer plusieurs heures, les femmes auraient ensuite été agressées sexuellement. L’homme est également soupçonné d’avoir filmé ces violences, conservant des enregistrements de près d’une vingtaine d’agressions.

La décision de huis clos a été prononcée par le président de la cour, Roger Arata. Ce magistrat a rappelé que, conformément à la loi, cette mesure ne peut être refusée à une victime partie civile dans une affaire de viol. La salle d’audience a donc été immédiatement évacuée de toute personne extérieure au procès, y compris les journalistes. Seules les parties civiles, les témoins et, sur autorisation expresse, certains de leurs proches pourront désormais assister aux débats.

Cette décision judiciaire a suscité des réactions contrastées parmi les avocats des victimes. L’une d’entre elles, Caroline Kazanchi, à l’origine de la demande, a défendu ce choix comme une garantie nécessaire à la « dignité » de sa cliente et à la libération de sa parole. À l’inverse, l’avocate Marylou Diamantara, représentant plusieurs autres plaignantes, avait plaidé pour la publicité des débats ou, à défaut, un huis clos partiel. Ses clientes souhaitaient, selon elle, que leur témoignage résonne au-delà de la salle d’audience pour alerter l’opinion et d’éventuelles autres victimes.

Cette affaire intervient dans un contexte judiciaire marqué par le retentissant procès des viols de Mazan, présidé par le même magistrat l’année dernière. Ce précédent avait été marqué par le refus de la victime principale, Gisèle Pelicot, de bénéficier du huis clos, déclarant vouloir que « la honte change de camp ». Le choix inverse opéré dans le dossier jugé à Aix-en-Provence illustre la complexité de concilier le droit à un procès équitable, la protection des victimes et la transparence de la justice.

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