accueil Faits diversUn procès historique après 39 ans : les parents de la « martyre de l’A10 » devant les assises en 2026

Un procès historique après 39 ans : les parents de la « martyre de l’A10 » devant les assises en 2026

par Sylvain Tronchet
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Près de quatre décennies après les faits, un procès d’une exceptionnelle longévité va enfin s’ouvrir. Les parents d’une fillette de quatre ans, dont le corps mutilé avait été découvert en 1987 au bord de l’autoroute A10, seront jugés par la cour d’assises du Loir-et-Cher en novembre 2026. La mère, âgée de 71 ans, est poursuivie pour des actes de torture et de barbarie ayant conduit au décès, tandis que le père, 74 ans, est accusé de complicité.

Cette audience marquera le point final de l’une des affaires non élucidées les plus anciennes du pays, un « cold case » qui a durablement marqué les esprits et fait l’objet de nombreuses investigations médiatiques. L’audience est prévue pour durer trois semaines.

Tout commence un jour d’août 1987, lorsque deux agents d’entretien découvrent, dans un fossé de l’A10 près de Suèvres, la dépouille atrocement meurtrie d’une petite fille. Les examens médico-légaux révéleront des sévices d’une rare violence : traces de brûlures causées par un fer à repasser et cicatrices de morsures humaines attribuées à une femme. L’enfant, rapidement surnommée « la martyre de l’A10 », restera non identifiée pendant des années.

Face à l’impasse, les gendarmes lancent alors la plus vaste campagne d’appel à témoins jamais menée en France. Le portrait de la victime est diffusé dans des dizaines de pays et affiché dans des milliers d’écoles et de mairies. Malgré ces efforts, les non-lieux prononcés en 1991 et 1997 semblent sceller le sort de l’enquête.

Le tournant décisif intervient finalement en 2018, par le biais de la science génétique. Un prélèvement ADN effectué sur le frère de la victime dans une autre affaire permet une comparaison avec le fichier national. Les résultats sont sans appel : une correspondance est établie avec de l’ADN retrouvé sur les vêtements et la couverture ayant servi à envelopper le corps. L’identification de la petite Inass est formelle, conduisant à l’interpellation de ses parents.

Depuis leur garde à vue, les deux accusés se renvoient la responsabilité des violences ayant entraîné la mort de leur fille, évoquant des conflits conjugaux. La tenue du procès a été retardée par de multiples recours juridiques. Son ouverture, prévue pour l’automne 2026, promet de rouvrir l’un des dossiers judiciaires les plus douloureux et complexes de ces dernières décennies.

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