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Un plan d’aide ciblé face à la flambée des carburants

by Fabien Jannic-Cherbonnel
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Alors que la tension monte dans plusieurs secteurs professionnels étranglés par la hausse des prix du carburant, le gouvernement a dévoilé un dispositif d’urgence ce vendredi soir. Ce plan, d’un montant global d’environ 70 millions d’euros et limité au mois d’avril, vise spécifiquement les secteurs de la pêche, de l’agriculture et du transport routier, sans mesure généralisée pour le grand public.

L’enveloppe la plus conséquente, évaluée à 50 millions d’euros, est destinée aux petites et moyennes entreprises du transport routier rencontrant des difficultés significatives. Ces structures pourront prétendre à une aide forfaitaire mensuelle par véhicule, correspondant à une compensation de 20 centimes par litre de carburant. Cette mesure s’appliquera sur l’ensemble du territoire national, métropole et outre-mer compris. Face à une filière employant près de 400 000 personnes, les pouvoirs publics ont justifié cette intervention par la nécessité de partager le surcoût sur l’ensemble de la chaîne économique, les transporteurs ne pouvant, selon eux, l’absorber seuls.

Du côté des pêcheurs, une aide similaire de 20 centimes par litre de gazole marin sera mise en place pour le mois d’avril, via un mécanisme de remboursement sur facture. Estimée à 5 millions d’euros, cette bouée de sauvetage vise à maintenir l’activité en mer. Cependant, des représentants de la profession ont immédiatement jugé le soutien “très insuffisant”, pointant du doigt des entreprises déjà contraintes à l’immobilisation de leurs navires.

Le monde agricole bénéficiera, quant à lui, d’une exonération de taxe intérieure sur le gazole non routier (GNR), se traduisant par une réduction d’environ 4 centimes par litre, pour un coût public de 14 millions d’euros. Une annonce accueillie avec amertume par les syndicats agricoles, qui dénoncent une aide dérisoire au regard de la hausse vertigineuse des coûts, dépassant selon eux les 60 centimes par litre. Des voix se sont élevées pour promettre de nouvelles mobilisations si les préoccupations du secteur n’étaient pas mieux prises en compte.

Si ces annonces visaient à calmer une colère grandissante, elles n’ont pas convaincu l’ensemble des organisations professionnelles. La principale fédération de transporteurs routiers a fustigé un système complexe et inadapté, loin selon elle de constituer une réponse à la hauteur de la crise. Par ailleurs, les professions libérales mobiles, comme les infirmières itinérantes, initialement évoquées, ne font pas partie des bénéficiaires de ce plan d’urgence, laissant la porte ouverte à d’éventuels ajustements futurs.