Un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé dans un élevage de l’est de l’Ariège, alors que l’ensemble du cheptel départemental avait pourtant été vacciné. Cette annonce, basée sur les dernières données du ministère de l’Agriculture, porte à 116 le nombre total de foyers identifiés sur le territoire national depuis le début de l’épizootie.
Le troupeau concerné, composé de 113 bovins, avait reçu une injection vaccinale il y a une quinzaine de jours. Selon les autorités sanitaires, une protection complète n’est effective que 21 jours après la vaccination. Cette période de latence, couplée à une circulation discrète du virus avant l’apparition des symptômes, expliquerait cette contamination malgré la prophylaxie. Conformément au protocole en vigueur, l’intégralité des animaux de l’exploitation située sur la commune de Léran doit être abattue.
Cette décision relance le débat sur la stratégie d’éradication. Pour Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège, la logique d’abattage systématique devrait évoluer vers un abattage sélectif après vaccination, afin d’épargner les animaux immunisés. Un sentiment partagé par certains syndicats agricoles, qui organisent des rassemblements pour demander une révision des mesures.
La politique gouvernementale repose actuellement sur un triptyque : abattage total des troupeaux infectés, vaccination de masse et restrictions des mouvements d’animaux. Dans le Sud-Ouest, près de 70% des bovins, soit environ 495 600 têtes, ont déjà été vaccinés. L’Ariège et les Pyrénées-Orientales ont même atteint les seuils stricts fixés par la réglementation européenne, avec plus de 95% des élevages vaccinés représentant au moins 75% du cheptel.
Ce nouveau cas illustre les défis de la lutte contre cette maladie bovine, hautement contagieuse mais sans danger pour l’homme, et soulève des questions sur l’adaptation des protocoles sanitaires face à la persistance du virus.