accueil SociétéUn nid d’espions chinois dans un paisible village girondin ?

Un nid d’espions chinois dans un paisible village girondin ?

par Lionel Feuerstein
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L’incrédulité règne à Camblanes-et-Meynac, une commune tranquille d’un peu plus de 3 000 habitants située au sud-est de Bordeaux. L’annonce de l’arrestation de quatre individus, dont deux ressortissants chinois, soupçonnés d’espionnage au profit de Pékin, a plongé les riverains dans la plus grande perplexité. Selon les informations judiciaires, le groupe aurait tenté d’intercepter des communications militaires sensibles.

« On ne comprend pas, ici, c’est calme, il n’y a que des moutons et des gens qui travaillent », confie une commerçante locale, résumant le sentiment général. L’absence totale d’installations stratégiques ou militaires à proximité rend ce choix de localisation d’autant plus énigmatique pour les habitants.

Le point de départ de l’affaire remonterait à des signalements de voisins, intrigués par l’installation d’une imposante parabole de deux mètres de diamètre dans le jardin d’une maison louée via une plateforme de location saisonnière, ainsi que par des coupures répétées du réseau internet. La bâtisse, légèrement à l’écart du centre, était protégée par un large portail.

« Je n’ai rien vu de particulier, ils étaient très discrets », témoigne un voisin mitoyen, tandis que le maire de la commune, Jean-Philippe Guillemot, avance une hypothèse : « Camblanes est un village tranquille. Je pense que c’est surtout ça qu’ils recherchaient, notamment pour leur parabole ». Il estime qu’ils auraient pu s’installer dans « n’importe quel village de France ».

Plusieurs commerçants se souviennent avoir croisé les suspects. Le gérant d’un kiosque à pizzas, l’un des rares établissements ouverts en soirée, se rappelle avoir servi « un groupe de trois à quatre Chinois une ou deux fois la semaine dernière ». Un buraliste évoque, quant à lui, une transaction silencieuse pour l’achat de cigarettes, la communication s’étant faite par gestes, faute de maîtrise du français.

Les enquêteurs de la DGSI, saisis de l’affaire, suspectent les individus interpellés d’avoir « intercepté illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires d’importance vitale ». Transférés à Paris, deux d’entre eux font l’objet d’une demande de mise en détention provisoire.

Dans les rues du village et de la commune voisine de Quinsac, l’étonnement cède parfois la place à une forme d’ironie. « On en a pour vingt ans à parler de cette histoire tellement il ne se passe rien ici », lance un habitant, conscient que cette affaire d’État va durablement marquer l’identité paisible de ce coin de Gironde.

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