accueil Faits diversUn mois après la tragédie, la douleur se mue en exigence de vérité

Un mois après la tragédie, la douleur se mue en exigence de vérité

par Sylvain Tronchet
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Un mois jour pour jour après l’incendie dévastateur qui a emporté quarante vies et en a blessé cent seize autres dans un établissement de Crans-Montana, la douleur reste aussi vive que l’exigence de réponses. Ce samedi, près d’un millier de personnes se sont rassemblées en silence à Lutry, commune voisine du drame, pour un hommage teinté de colère et d’incompréhension.

Derrière une banderole, familles, amis et voisins des douze jeunes de la localité directement touchés par la catastrophe ont exprimé leur désarroi. Sept d’entre eux ne sont jamais rentrés, cinq autres luttent encore pour leur survie dans des services hospitaliers. « Nous voulons simplement la justice, nous voulons simplement la vérité. Alors seulement, nous pourrons commencer à faire notre deuil », a lancé une voix dans l’assistance, résumant un sentiment général d’attente insoutenable.

Les promesses d’aide et de soutien des autorités semblent, pour beaucoup, rester lettres mortes. « Ils ont tous dit qu’ils nous aideraient, qu’ils nous soutiendraient. Personne n’a encore rien vu. Personne », a déploré un proche de victime, la voix chargée d’amertume.

Parmi la foule recueillie au bord du lac Léman, les questions fusent, sans réponses. Laetitia Brodard-Sitre, mère d’Arthur, 16 ans, porte un deuil impossible. « Je veux comprendre pourquoi nos enfants n’ont pas pu sortir », interroge-t-elle, évoquant les images montrant l’une des gérantes du bar quittant les lieux. « Pourquoi eux n’ont-ils pas eu cette chance ? »

L’hommage a rassemblé de nombreux adolescents, camarades de classe, coéquipiers ou simples amis des disparus. Devant l’église, des roses blanches ont été déposées en souvenir. Tobias Pidoux, qui a perdu son frère Trystan, 17 ans, confie une absence qui déchire le quotidien : « Cela nous a détruits. On réalise à peine que nous ne sommes plus que trois à table, alors que nous avons toujours été quatre. »

À Crans-Montana même, devant les vestiges du bar Le Constellation, quelques bougies ont été allumées dans la soirée, gestes discrets de compassion dans une station encore sous le choc. « Nous pensons tellement à toutes ces familles. Il était important pour nous d’avoir ce moment de recueillement », a murmuré une habitante.

Un mois après les flammes, le deuil ne peut s’engager. L’attente de la vérité sur les circonstances exactes de la tragédie et les responsabilités éventuelles devient, pour les proches, le seul chemin possible vers une forme de paix.

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