accueil PolitiqueUn ministre face aux failles de son administration : le long délai d’attente avant la prise en charge d’un mineur signalé

Un ministre face aux failles de son administration : le long délai d’attente avant la prise en charge d’un mineur signalé

par Fabien Jannic-Cherbonnel
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Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a pointé du doigt les dysfonctionnements de ses propres services suite à une agression survenue dans un établissement scolaire de Sanary-sur-Mer. L’auteur présumé, un mineur, était suivi pour des suspicions de violences au sein de sa famille mais n’a pu être reçu par les services spécialisés que près de quatre mois après le signalement initial.

Intervenant sur les ondes d’une radio nationale, le Garde des Sceaux a reconnu une « mauvaise organisation » au sein du ministère concernant l’accompagnement des enfants en danger. Le jeune garçon, placé en garde à vue pour « tentative d’assassinat » après avoir agressé une enseignante, était connu de la justice pour un suivi lié à des violences familiales dont il aurait été victime. Cependant, le premier rendez-vous concret avec la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) n’était programmé que pour le mois de février, soit un délai jugé inacceptable par le ministre.

« Quand un signalement pour violence concernant un mineur met quatre mois à déboucher sur un entretien, nous manquons clairement d’efficacité », a déclaré Gérald Darmanin. Il a souligné que l’objectif était d’entendre rapidement l’enfant afin de tenter d’éviter la reproduction de schémas violents, tout en reconnaissant que cela ne constituait pas une garantie absolue. Son ambition est désormais de réduire ce délai à une quinzaine de jours.

Ce drame intervient alors que le ministère a engagé plusieurs chantiers de réforme. Un projet de loi visant à réduire significativement l’engorgement des tribunaux doit être présenté en Conseil des ministres dans les prochaines semaines. Parallèlement, une « ordonnance de sûreté dédiée » est annoncée pour fin 2025, mesure d’urgence destinée à protéger un enfant sans obliger le parent protecteur à le confier à un agresseur présumé.

Malgré ces initiatives, le ministre admet que le système présente encore des lacunes profondes, comme l’a tragiquement illustré cet événement survenu en milieu scolaire. Le cas met en lumière les conséquences potentielles des retards dans la prise en charge des mineurs en danger, un sujet qui reste une priorité affichée du gouvernement.

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