L’atmosphère politique française, à l’issue de scrutins municipaux marqués par la tension, serait teintée d’un “sentiment prérévolutionnaire électoral”. C’est l’analyse livrée par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, dans un entretien accordé ce week-end. Il y dresse le constat d’une colère populaire profonde, exprimée dans les urnes, et en appelle à un large rassemblement des forces de droite et du centre en vue de la prochaine échéance présidentielle.
Selon le ministre, le vote massif en direction des extrêmes lors des récentes élections locales traduit une contestation radicale, qu’il n’hésite pas à comparer, dans son langage, à certains mouvements historiques. Il perçoit là le signe d’un véritable “malaise” et d’une défiance envers les partis traditionnels, qui, estime-t-il, ne parviennent plus à s’adresser à l’ensemble de la nation. “Ceux qui parlent le plus à ce peuple aujourd’hui, ce sont le Rassemblement National et La France Insoumise”, a-t-il affirmé, tout en pointant leurs “défauts” et “outrances”.
Face à ce qu’il décrit comme un risque de “prérévolution sociale” alimenté par les inégalités, Gérald Darmanin plaide pour une primaire visant à désigner un candidat unique issu du camp rassemblant la droite et le centre. Tout en réitérant son soutien à ce processus, il a gardé le suspense sur ses ambitions personnelles, déclarant “ne rien exclure” quant à une éventuelle candidature. Plusieurs figures politiques sont déjà sur les rangs ou pressenties pour incarner cette union.
Cet avertissement intervient dans un contexte post-électoral particulièrement agité, marqué par plusieurs incidents. Des élus ou candidats ont fait l’objet d’intimidations, d’insultes ou ont été empêchés de s’exprimer. La veille de l’installation d’un nouveau maire, la mairie de Fresnes, dans le Val-de-Marne, a été vandalisée, des actes fermement condamnés par le ministre. Des scènes similaires de perturbation ont été enregistrées dans plusieurs villes de banlieue, notamment dans des communes récemment conquises par la gauche.