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Un ex-conseiller de l’Élysée éclaboussé par les écrits d’Epstein

par Lionel Feuerstein
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Les ondes de choc du scandale Epstein atteignent de nouveau les cercles du pouvoir français. Des milliers de pages de correspondances judiciaires américaines mettent en lumière les échanges entre le financier condamné et Olivier Colom, ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Élysée.

Les courriels, datés de 2013 à 2018, révèlent non seulement des liens opaques entre diplomatie et finance, mais exposent surtout des propos d’une brutalité verbale rare, empreints de racisme, d’homophobie et de sexisme. L’ancien haut fonctionnaire, aujourd’hui cadre chez Edmond de Rothschild, n’a pour l’instant pas réagi à ces publications.

Au-delà de la simple relation, les écrits dévoilent une collaboration active. Olivier Colom met son carnet d’adresses au service du milliardaire américain. Un épisode concerne particulièrement Bruno Le Maire. En septembre 2013, l’ancien conseiller sollicite Epstein pour organiser la venue à New York de l’ancien ministre, alors présenté comme un « futur candidat à l’élection présidentielle ». Le but est clairement exprimé : lever des fonds. L’entourage de Bruno Le Maire a fermement démenti toute relation avec Epstein, qualifiant cette unique sollicitation de « bref instant » purement professionnel et regrettant l’association des noms.

La lecture des messages montre également un Colom se présentant comme un fidèle lieutenant de l’ancien président, orchestrant une diplomatie parallèle. Il propose ainsi à Epstein d’organiser une rencontre discrète entre Nicolas Sarkozy et Hillary Clinton à New York.

C’est toutefois le contenu des conversations privées qui frappe par sa vulgarité et ses préjugés. Les échanges dérapent régulièrement. En juin 2013, alors qu’Epstein compare les femmes à des « crevettes », Olivier Colom abonde et introduit un critère racial, affirmant sa préférence pour « le blanc ». Le financier répond par une remarque dégradante sur « l’odeur d’une crevette noire », provoquant l’assentiment de son interlocuteur.

Cette tonalité discriminatoire est constante. L’ancien conseiller déconseille un quartier parisien parce qu' »il y a trop de gays », et valide le mépris d’Epstein pour les femmes en lui recommandant d’embaucher une assistante « pas trop jolie ». Ces révélations jettent une lumière crue sur les arrière-cours d’un certain pouvoir, où les combines se mêlent aux préjugés les plus sordides.

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