Le scrutin municipal à Menton a réservé une surprise de taille ce dimanche, avec la déroute du candidat soutenu par la droite classique, Louis Sarkozy. Arrivé en troisième position avec à peine 18% des voix, le fils de l’ancien chef de l’État voit ses ambitions politiques pour la cité azuréenne sérieusement compromises dès le premier tour.
La candidate du Rassemblement national, Alexandra Masson, caracole en tête avec plus de 36% des suffrages, confirmant l’ancrage local de son parti. Elle devance également Sandra Paire, une candidate de droite divers, qui a recueilli près de 20% des votes.
Dans la soirée électorale, Louis Sarkozy, dont le parachutage dans cette circonscription des Alpes-Maritimes avait été largement commenté, a semblé acter son retrait. Sans dévoiler sa stratégie, il a appelé à “l’union” face au RN, laissant planer le doute sur un possible ralliement ou une fusion des listes de la droite non-extrémiste. “Ne me demandez pas de détails”, a-t-il déclaré, évitant soigneusement de s’engager sur la suite des événements.
Ce résultat sonne comme un désaveu personnel et politique. Malgré le soutien affiché des appareils des Républicains, de Renaissance et d’Horizons, le candidat n’a pas réussi à convaincre. Son programme, axé sur la régulation du tourisme de location, l’embellissement de la ville et le renforcement de la sécurité – parfois au-delà des prérogatives municipales – est resté sans écho suffisant.
La défaite est d’autant plus amère que Louis Sarkozy, qui avait entamé sa carrière publique outre-Atlantique, misait sur Menton comme tremplin pour son retour en France. Il se présentait récemment encore comme le fédérateur naturel, capable de rassembler un électorat de droite “bien plus puissant” que celui de l’extrême droite. Le verdict des urnes lui donne un cinglant démenti.
Derrière le trio de tête, les candidats divers droite et de gauche obtiennent des scores modestes, tandis que la représentante de Reconquête s’effondre sous la barre des 2%. Le second tour, qui s’annonce décisif, se jouera désormais sur la capacité des forces opposées au RN à trouver un terrain d’entente, dans une ville qui avait déjà basculé à l’extrême droite lors d’une précédente élection législative.