Le groupe énergétique Engie a rompu, ce lundi, tout lien professionnel avec Fabrice Aidan, un diplomate français dont le nom apparaît à de très nombreuses reprises dans les documents judiciaires liés à l’affaire Jeffrey Epstein. Cette décision fait suite à une suspension initiale prononcée en février dernier.
L’individu, anciennement en poste aux Nations Unies en tant que conseiller principal, est cité dans plus de deux cents échanges avec le financier américain, aujourd’hui décédé, selon des informations consultées. Ces communications, qui s’échelonnent de 2010 à 2017, révèlent une relation professionnelle soutenue.
Les échanges montrent que le fonctionnaire a transmis à Epstein divers rapports liés à ses activités. Il est également intervenu pour faciliter des démarches, comme l’obtention d’un visa, et a servi d’intermédiaire pour l’achat d’ouvrages spécifiques. Son rôle s’est étendu à l’organisation de séjours et à des tentatives pour introduire l’homme d’affaires dans des cercles influents à l’étranger.
Les pièces divulguées à ce jour n’établissent pas de lien entre les actions du diplomate et les crimes sexuels pour lesquels Epstein a été condamné. Cependant, cette proximité a suscité de vives inquiétudes.
Dès 2013, les autorités internationales avaient été alertées. Le FBI avait informé l’ONU d’une enquête potentielle concernant M. Aidan, évoquant des suspicions de consultation de contenus illicites. Une procédure interne avait été ouverte, mais l’intéressé avait quitté son poste et été rapatrié en France avant son aboutissement.
Face à ces révélations, le ministère français des Affaires étrangères avait annoncé, le mois dernier, avoir saisi la justice et lancé une enquête administrative concernant ce diplomate, officiellement en disponibilité. Engie, où l’homme exerçait récemment des activités, a finalement choisi de mettre un terme définitif à ses fonctions.