C’est une initiative peu commune qui va réunir d’anciens camarades de classe à Charleville-Mézières. Près de cinquante ans après avoir quitté les bancs du lycée François Bazin, un groupe de dix-huit retraités s’apprête à revivre une épreuve du baccalauréat. Leur défi ? Affronter un sujet de mathématiques contemporain, côte à côte avec les lycéens de 2026.
À l’origine de ce projet, un ancien élève aujourd’hui âgé de 65 ans et installé dans le sud de la France. Il a consacré deux années à retracer la piste de ses compagnons de la promotion 1977. Au-delà des retrouvailles, son ambition est double : renouer des liens amicaux perdus de vue et créer un pont tangible entre les générations. L’idée est de démontrer, de manière concrète et symbolique, la pérennité et l’importance des savoirs fondamentaux.
Le rendez-vous est fixé au 3 juin prochain dans leur établissement d’origine. Le scénario est déjà écrit : tandis que les élèves composeront dans une salle, leurs aînés plancheront sur le même exercice, leurs réponses s’affichant au tableau pour un échange ultérieur. Pour certains participants, l’aventure impliquera un long trajet à travers le pays, preuve de leur engagement.
Si les retrouvailles d’anciens élèves sont monnaie courante, réitérer l’examen du bac un demi-siècle plus tard relève de l’exploit pédagogique et humain. Cette démarche n’est pourtant pas sans précédent. Elle rappelle celle d’anciens lycéens de Saint-Germain-en-Laye qui, il y a une douzaine d’années, s’étaient prêtés au même exercice avec une épreuve de philosophie.
Cette rencontre promet bien plus qu’un simple test de compétences. Elle incarne un dialogue rare entre les époques, où le partage d’expérience et la transmission prennent une forme aussi inattendue qu’émouvante.