accueil FranceUn animateur condamné pour corruption de mineurs maintenu à l’antenne, une victime dénonce un « signal catastrophique »

Un animateur condamné pour corruption de mineurs maintenu à l’antenne, une victime dénonce un « signal catastrophique »

par Anaïs Hanquet
0 commentaires 2 vues

La décision est tombée, mais le micro demeure. Alors que la justice a définitivement condamné Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs, l’animateur a repris son émission quotidienne comme si de rien n’était, une situation qualifiée d’insoutenable par l’une de ses victimes.

Mercredi, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de l’animateur, confirmant une peine de deux ans de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Pourtant, dès le lendemain, il officiait normalement sur CNews, une chaîne du groupe Bolloré.

Pour Axel, aujourd’hui âgé de 25 ans, la condamnation définitive a apporté un « immense soulagement » après dix années de procédure. Mineur au moment des faits, il avait été approché par l’animateur via des messages à caractère sexuel en 2015. « Cela me permet enfin de tourner la page et d’envisager l’avenir plus sereinement », confie-t-il.

Mais ce soulagement est aussitôt terni par la décision de l’employeur de Morandini de le maintenir à l’antenne. « Voir un délinquant sexuel condamné animer une émission quotidiennement, c’est renvoyer une image catastrophique », déplore le jeune homme. Il estime que cette présence médiatique perpétue l’influence que Morandini a utilisée, selon lui, pour approcher ses victimes.

L’avocat d’Axel, Me Anthony Mottet, souligne l’incohérence de la position de Canal+. Le groupe justifie le maintien de l’animateur par le fait qu’il « continue son combat pour la justice », alors même que sa culpabilité est désormais actée. L’avocat rappelle qu’en 2016, le groupe s’était pourtant engagé à ce que Morandini quitte ses fonctions sans indemnité en cas de condamnation.

Cette situation interroge sur les pratiques au sein du groupe. L’été dernier, des révélations faisaient état de mesures spéciales pour éviter que des stagiaires mineurs d’Europe 1, autre média du groupe, ne croisent l’animateur, alors déjà interdit d’exercer une profession en contact avec des mineurs.

Alors que la condamnation est devenue irrévocable, la présence de Jean-Marc Morandini sur le plateau continue de susciter l’incompréhension et la colère, posant une question brûlante sur les responsabilités des médias face à la justice.

Vous aimerez peut-être aussi