accueil FranceUn ancien leader nationaliste corse abattu lors des funérailles de sa mère

Un ancien leader nationaliste corse abattu lors des funérailles de sa mère

par Anaïs Hanquet
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Un drame d’une violence glaçante a frappé le petit village de Vero, en Corse-du-Sud, ce lundi. Alain Orsoni, figure historique et controversée du nationalisme insulaire, a été tué par balle alors qu’il se recueillait sur la tombe de sa mère, décédée récemment. L’homme de 71 ans a succombé sur place à ses blessures.

Les autorités judiciaires se sont immédiatement saisies de l’affaire. Le parquet d’Ajaccio a ouvert une enquête pour assassinat, évoquant d’emblée la piste d’un meurtre commis avec la préméditation et la technique d’un tireur embusqué. Les investigations, confiées aux forces de l’ordre, tentent de reconstituer les circonstances précises de cet homicide survenu en plein jour.

Le parcours d’Alain Orsoni est indissociable des tumultes de la cause nationaliste corse. Après des études sur le continent, il s’est engagé très tôt, devenant l’un des responsables du Front de libération nationale de la Corse (FLNC). Par la suite, il a fondé le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), une organisation dont les détracteurs ont souvent critiqué les dérives.

Connu pour son calme et son sens tactique, il avait choisi de s’exiler à la fin des années 1990, alors que les luttes intestines faisaient rage au sein du mouvement. Il a vécu successivement aux États-Unis, au Nicaragua et en Espagne, où il aurait développé des activités dans le domaine des jeux.

Son retour en Corse n’avait pas été sans danger. Dès 2008, un projet d’attentat contre sa personne avait été déjoué par la police. Il avait alors pris la présidence du club de football de l’Athletic Club Ajaccio, succédant à un ami disparu. Cette période fut aussi marquée par une série de meurtres touchant l’entourage du club, événements qu’il avait alors qualifiés de « cabale » à son encontre.

La mort d’Alain Orsoni s’inscrit dans une longue histoire familiale marquée par la violence. Son frère, Guy, avait été assassiné en 1983, un prénom qu’il avait lui-même donné à son fils, connu des services de police. Cette nouvelle tragédie plonge une fois de plus la Corse dans le deuil et soulève de nombreuses questions sur les tensions persistantes au sein de l’île.

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