La station suisse de Crans-Montana reste sous le choc après l’incendie meurtrier qui a ravagé un établissement nocturne dans la nuit du réveillon. Le bilan, toujours provisoire, est lourd : quarante personnes ont perdu la vie, dont une majorité de jeunes, et plus d’une centaine ont été blessées. Parmi les victimes, plusieurs enfants se trouvent dans un état critique, selon les informations communiquées par les représentants légaux de certaines familles.
« Certains jeunes patients ont subi de multiples interventions chirurgicales et leur pronostic vital reste engagé », a indiqué un avocat représentant plusieurs proches de victimes. Il a également souligné la longue et douloureuse épreuve qui attend les survivants gravement brûlés, un processus de rééducation qui s’étalera sur plusieurs années.
Le volet judiciaire de cette catastrophe a connu un développement significatif ce week-end. L’un des gérants du bar, un homme, a été placé en détention provisoire à l’issue de sa présentation devant les autorités judiciaires. Sa conjointe, cogérante des lieux, a quant à elle été laissée en liberté. Cette mesure de détention, qualifiée de préventive, doit encore être confirmée par une instance judiciaire spécialisée dans les prochains jours. La défense des familles craint cependant une possible libération sous conditions, avec le port d’un bracelet électronique ou le versement d’une caution.
Lors d’une déclaration publique, la gérante laissée libre a exprimé ses regrets, évoquant une « tragédie inimaginable » et affirmant penser constamment aux victimes. Des paroles qui ont été accueillies avec amertume par certaines familles directement touchées. « Elle était présente, elle doit répondre de ses actes au même titre que son mari », a réagi la mère de deux adolescentes hospitalisées, selon son conseil.
La municipalité de Crans-Montana, qui a décrété un jour de deuil national, a présenté ses excuses officielles. Elle a reconnu qu’aucun contrôle de sécurité incendie n’avait été réalisé dans l’établissement depuis plusieurs années. L’avocat des familles estime que la commune devra assumer sa part de responsabilité, une perspective qui pourrait, selon lui, avoir de lourdes conséquences financières pour la collectivité.
L’enquête, d’une ampleur exceptionnelle, mobilise actuellement plusieurs procureurs et des dizaines d’enquêteurs. Les parties civiles appellent les autorités fédérales suisses à déployer tous les moyens nécessaires pour accélérer les investigations et établir les circonstances exactes de cette tragédie. Au total, quatre-vingt-trois victimes, originaires de près d’une vingtaine de pays, sont toujours soignées dans des hôpitaux en Suisse et dans plusieurs nations européennes voisines.