La plateforme de vidéos courtes n’est plus seulement l’apanage des adolescents. À l’approche des élections municipales de mars, elle s’impose comme un canal de communication incontournable pour de nombreux prétendants aux mairies, désireux de toucher un électorat plus jeune et moins captif des médias classiques.
L’exemple américain du démocrate Zohran Mamdani, qui a remporté la mairie de New York en menant une campagne très agressive sur l’application, a démontré le potentiel de cet outil. En France, la bataille numérique fait rage.
Une analyse des comptes les plus suivis révèle des leaders inattendus. En tête du nombre de vues cumulées se trouve Sarah Knafo, candidate à Paris, dont les vidéos ont été visionnées près de 4 millions de fois début janvier. Elle devance Stéphane Lang, candidat à Reims, qui mise sur une publication très régulière de contenus. Suivent dans ce classement des personnalités aussi diverses que Sébastien Delogu à Marseille, Rachida Dati à Paris, ou encore Éric Ciotti à Nice.
Un autre indicateur, le taux d’engagement (likes, commentaires, partages), offre un panorama différent. C’est Sébastien Delogu qui y caracole en tête, devant Sarah Knafo. Rachida Dati, Laure Lavalette à Toulon et François Piquemal à Toulouse complètent le top cinq.
Ces données mettent en lumière la variété des profils politiques investissant le réseau social. Une absence notable interpelle cependant : celle des candidats du Rassemblement national, qui brillent par leur discrétion sur TikTok pour ces élections locales, à l’exception de deux figures aux performances limitées. Les formations soutenant l’exécutif, Renaissance et Horizons, sont également très peu visibles sur cette plateforme.
Cette cartographie numérique illustre une évolution profonde des stratégies de campagne, où la maîtrise des codes d’une application populaire peut devenir un atout décisif pour capter l’attention des citoyens.