L’ancienne ministre Catherine Trautmann vient de remporter la mairie de Strasbourg, une victoire qui résonne comme un pied de nez aux tensions ayant secoué son propre camp durant la campagne. Malgré une alliance controversée avec la formation Horizons d’Édouard Philippe, qui lui avait valu de perdre l’investiture officielle du Parti socialiste (PS) entre les deux tours, l’élue a su convaincre les urnes.
Arrivée en tête au premier tour, elle a fait face à une fusion des listes de la maire écologiste sortante et de La France insoumise. Pour y répondre, elle a choisi une coalition inédite avec la droite modérée, une décision immédiatement condamnée par la direction nationale du PS. Olivier Faure, premier secrétaire du parti, avait alors affirmé que cet accord plaçait ses signataires « en dehors » du mouvement.
Le ton a radicalement changé ce lundi, au lendemain du scrutin. Avec plus de 37 % des voix et une avance confortable sur sa principale adversaire, la victoire de Catherine Trautmann a été saluée par les mêmes cadres qui l’avaient désavouée. Olivier Faure a tenu à préciser qu’elle « est socialiste » et « n’a pas été exclue », tout en justifiant le retrait de l’investiture par l’incompréhension qu’aurait suscitée un accord avec la droite contre une candidate de gauche.
Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, s’est pour sa part déclaré « satisfait » du résultat, exprimant sa confiance dans le fait que la politique menée à Strasbourg « ira » dans le sens des valeurs de gauche.
La candidate, elle, est restée ferme sur sa stratégie. Elle a maintenu son alliance avec Pierre Jakubowicz (Horizons) tout en critiquant le rapprochement entre écologistes et insoumis. Selon elle, son succès répond à « un véritable besoin de changement » et prouve la nécessité d’avoir su rassembler au-delà des clivages traditionnels pour offrir une alternative à la municipalité sortante.
Ce scrutin strasbourgeois illustre les recompositions politiques locales et les pragmatismes qui s’imposent souvent face aux lignes directives nationales, laissant entrevoir les contours d’une nouvelle donne électorale.